Publié par Pierrot le Chroniqueur

Il y a peu (en fait, dans mon 103e article1), je traitais rapidement de la concision et de la simplicité de la douzième réflexion d'Antandrus sur le but principal de l'encyclopédie. Dans sa treizième2 réflexion, Antandrus en vient à tirer une première déduction de cette Vérité3 sur Wikipédia que l'on pourra lire ici en version originale et dans une version française traduite par RamaR.

Enonçons et traduisons

Je la livre ci-après :
As the primary job of Wikipedians is to write the encyclopedia, any user whose principal activity is to interfere with the writing should be removed from the project, as painlessly as possible. The best way is to persuade them that they will be happier elsewhere, and to wish them well; the worst is to beat them up and make them angry: but however it happens, it must be done.
Ce que je traduis par :
La tâche essentielle des Wikipédiens étant d'écrire l'encyclopédie, tout utilisateur dont l''activité principale est d'interferer avec cette écriture devrait être écarté du projet, le plus doucement possible. La meilleure façon de faire est de les persuader qu'ils seront plus heureux ailleurs, et de leur souhaiter le meilleur ; la plus mauvaise est d'aller à l'affrontement et de les énerver. Mais quoi qu'il arrive, cela doit être fait.

Effectivement, on ne peut, en théorie, qu'être d'accord, et, en théorie aussi, les Wikipédiens devraient avoir depuis longtemps assimilé ce principe. Mais (il y a toujours un mais qui se cache quelque part4) ce n'est pas le cas.

Oui mais ...

Et c'est relativement facile de le démontrer. Si les Wikipédiens, quels qu'ils puissent être, assimilaient dès leur première participation les principes guidant devant guider la construction d'une encyclopédie5, Wikipédia serait bien plus "avancée" sans doute et prise bien plus au sérieux.
L'exemple principal (et le plus simple) est le vandale, conscient ou inconscient de ses actes. Le vandale6 a pour "vocation" la dégradation de Wikipédia, et sévit parfois très longtemps sans qu'il soit repéré et arrêté, ou qu'il prenne conscience de ses détériorations, ce dernier cas étant minoritaire. Le cas de figure le plus pénible étant le croisé du vandalisme aussi appelé jihadiste de la détérioration7. Oh, ne croyez pas que cela soit impossible. On en trouve un exemple ici même, dans ce blog, bien qu'il y ait visiblement un jeu sur la confusion d'identité. Fin de l'aparté.
Mais il existe encore bien d'autres contributeurs problématiques, dont la classification est plus ou moins subjective (et là encore, il y a des exemples. D'ailleurs, Serein en parlait ici, dans mon blog, entre autres billets sur le sujet) et, ne nous ne cachons pas derrière notre doigt, une part non négligeable des contributeurs de Wikipédia devraient se remettre en question quant à leur pratique de la chose8.

Alors ?

Alors la solution que préconise Antandrus, c'est-à-dire d'écarter ces contributeurs embarrassants9 semble effectivement celle qui devrait être adoptée. Oui mais voilà. C'est ... impossible dans l'état actuel des choses, à mon avis et pour des raisons aussi diverses que variées10. Il ne faut pas alors s'étonner de la réactivité de certains contributeurs. Comme le dit le grand philosophe contemporain Mike Strutter, "because violence works".

P.S. : l'image choisie plus haut était présente chez RamaR. Personnellement, je n'aurais pas choisi sa légende, mais une plus caustique.

1. Eh oui, déjà ...
2. A ce propos, la superstition du vendredi 13 est sans doute liée directement à la date de l'exécution de Jacques de Molay. Qui c'est me direz-vous ? Eh bien ... Cherchez !
3. Pas bien comprise par tous, hélas, même si elle figure en toutes lettres dans les principes fondateurs de Wikipédia. On pourra lire un certain billet
sur le respect de ces principes et règlements.
4. C'est dingue, quand on y pense. Mais ce n'est pas si étrange que ça, au fond.
5. Et au delà même de la
perception de construction ...
6. Je dois dire que je n'aime pas trop le terme. Je préférerais le terme de parasite car il n'existe qu'en profitant de son hôte auquel il n'apporte rien. Contrairement à une symbiose.
7. N'y voyez aucun message subliminal. La bêtise n'est pas l'apanage d'une religion ou d'une autre, ou d'une absence de religion, d'ailleurs. Et inversement.
8. J'en parlais dans le billet que je cite au début.
9. En les envoyant ailleurs ... Et pas forcément sur les projets concurrents, les Wikipédiens ne sont pas violents à ce point ...
10. J'y reviendrai. C'est un truc de journaliste de ne pas traiter le sujet pour appâter le lecteur.

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Scrongneugneu 17/07/2008 23:27

« un truc de journaliste de ne pas traiter le sujet pour appâter le lecteur » :avant les enquêtes fractionnées en épisodes, il y a avait les romans-feuilletons, publiées en livraisons quotidiennes, que ce soit sous la plume de Ponson du Terrail, avec les aventures de Rocambole, ou celle de quelques autres feuilletonnistes du XIXe siècle ou du début du XXe siècle, qui ne répugnaient pas à un coup de théâtre final et quotidien.Il en est resté quelque chose dans les planches de bande dessinée publiées dans certains hebdomadaires. Voir par exemple la dernière vignette de chaque planche des aventures de Tintin, qui présente souvent ce caractère.J'ai un souvenir très vif, dans le « Journal de Tintin », en 1967 ou 1968, de la planche (actuelle page 10 de l'album "Vol 714 pour Sydney") où Haddock, pendant la partie de bataille navale avec Laszlo Carreidas, hurle : L'AILE !, dans la dernière vignette...

Pierrot le Chroniqueur 18/07/2008 08:56



Les romans feuilletons ... On pourra citer le fameux "Mystères de Paris", entre autres, qui eut un certain succès.



Scrongneugneu 17/07/2008 21:04

Bricole : « la superstition du vendredi 13 est sans doute liée directement à la date de l'exécution de Jacques de Molay »Non, ce n'est pas lié à la date du bûcher du 18 mars 1314 [A] ni, par conséquent, aux paroles prêtées par Maurice Druon au dernier maître de l'Ordre du Temple : « Pape Clément ! Chevalier Guillaume de Nogaret ! Roi Philippe ! Avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! Maudits ! Soyez tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races... » [B] + [C]mais plutôt à celle de l'arrestation concertée des Templiers, à travers le royaume de France, dans la journée du vendredi 13 octobre 1307, six ans et demi avant la condamnation prononcée par Philippe le Bel à l'encontre de Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay, accusés par lui d'être relaps.Notes :[A] : pour une raison que j'ignore, l'article [[Jacques de Molay]] évoque deux dates possibles pour le bûcher supposé purificateur : 11 ou 18 mars 1314.[B] : je ne garantis pas l'exactitude de la citation : je n'ai pas entre les mains le premier volet, « Le Roi de fer », de l'œuvre de Maurice Druon. Je me contente de me souvenir de l'inoubliable déclamation de Xavier Depraz dans la très théâtrale mais non moins inoubliable adaptation télévisée de Claude Barma, en 1972 (à mille toises au-dessus du machin commis par Josée Dayan en 2005...)[C] : que les paroles prêtées à Jacques de Molay soient de la plume de Maurice Druon ou de Marcel Jullian (scénariste et dialoguiste), elles paraissent être une libre adaptation de ce que rapportait [[Geoffroi de Paris]], témoin de l'exécution, dans sa « Chronique métrique ».

Pierrot le Chroniqueur 17/07/2008 21:17



Et zut ! Je ne peux que battre ma coulpe, ou pire, lire une fiche wikipédia sur un truc sourcé uniquement au doigt mouillé. Ou pire encore, aller faire le tour de certains blogs et mettre des
commentaires gentils.
Je plaide coupable donc, et confirme pleinement les propos ci-dessus. Je me suis grossièrement trompé (il faut dire que je lisais un livre où il est question d'un bûcher, d'où probablement
l'erreur).

D'ailleurs, à ce propos, il y eut il y a peu sur France Inter un "2000 ans d'histoire" qui traitait de la chose. Il est peut être en podcast, qui sait ? Après vérification, il semblerait que
non.
Au lieu de "directement", il fallait donc lire donc "indirectement".

Merci encore.