Publié par Pierrot le Chroniqueur

Faisons dans le consultatif, de temps en temps, avec une lecture du bistro de Wikipédia qui est, je dois le dire,un peu plus intéressante qu'en temps normal ces derniers jours à cause de deux interventions (et demie, car l'une d'entre elles est en deux parties). Si l'on rajoute quelques autres lectures glanées sur la toile, j'ai de quoi faire un petit billet.
Et toutes posent quelques questions du style poil-à-gratter plus qu'autre chose.

Journalisme et Wikipédia

... ou plus largement, journalisme et internet.
Replaçons nous un peu dans le contexte : le 20 octobre dernier, dans le bistro de Wikipédia, on a pu voir deux interventions portant sur un fait d'actualité, le décès de Soeur Emmanuelle, religieuse française dont l'aura est tout à fait comparable à celle de l'Abbé Pierre en France pour son action humanitaire. Il ne s'agissait pas d'une résurgence de pseudo-débats comme on peut en trouver régulièrement dans cette page, mais de signalements de reprises1 de contenu de Wikipédia (la biographie de Soeur Emmanuelle, en l'occurence) par différents médias, et pas des petits2.
Le tout, bien entendu, sans en citer la provenance. Pensez-vous, dire que l'on a cherché de l'information sur Wikipédia, qui constitue un bon marronnier sur le thème "la culture se perd ma bonne dame3", c'est vraiment la déchéance aux yeux de la profession et du public. Par contre, c'est pratique et rapide. Et gratuit.
D'ailleurs, bien que la licence GFDL permette ce genre de geste (enfin, si on cite la source originale, tout de même), je pense que ce serait faire preuve d'une certaine classe pour ces médias de verser une petite donation à la WMF pour l'entretien et l'achat de serveurs4.
Cependant, il est sûr et certain que l'outil internet n'est pas centré sur Wikipédia pour l'obtention de l'information. Je citerai à ce propos le billet de Tristan Mendès-France dans son blog, traitent de l'utilisation du contenu des blogs par la presse.  Citons également la création du journal hebdomadaire Vendredi par Jacques Rosselin qui reprend justement le contenu de blogs ... mais de manière transparente, en citant ses sources.

Et vous, vous êtes sur Wikipédia pour ?

C'est l'excellente (et je pèse mes mots) interrogation qui a (enfin) eu lieu sur Wikipédia, toujours dans le bistro. Pourquoi enfin ? Je disais il y a peu que je suis convaincu - comme d'autres Wikipédiens5 - qu'une bonne partie des contributeurs (occasionnels ou pas) ne s'avèrent pas vraiment à la hauteur de ce que l'on pourrait souhaiter pour le bien de l'encyclopédie. Non pas intellectuellement parlant - c'est encore autre chose, même si ça peut entrer en ligne de compte6 - mais plutôt en fonction des intérêts et (auto-)perceptions propres. Ce qui n'a pas grand chose à voir, dans le fond, avec la construction d'une encyclopédie. Cependant, et à part lors de quelques conversations avec des gens que je considère comme sérieux dans leur démarche de contribution - ce qui reste du domaine de l'appréciation privée - je ne me souviens pas avoir vu cette question revenir dans des pages un peu plus "accessibles" que des pages dédiées, qui me paraissent plus de la confession que de la confrontation de positions.

Un peu plus d'instropection sur les motivations profondes des uns et des autres, suivie d'une bonne autocritique, pourrait permettre à quelques contributeurs de libérer la place (et à d'autres de pouvoir s'impliquer). Encore faut-il compter en plus sur une certaine honnêteté vis-à-vis de soi-même, exercice difficile s'il en est. Hélas, le principe de Peter et son corollaire est semble-t-il parfaitement appliqué, et on ne trouve pas forcément les personnes les plus capables dans les positions qu'elles devraient occuper. J'en avais parlé au sujet des arbitres, par exemple, il y a un certain temps ...

Wikipédia n'est pas une encyclopédie, la preuve, elle n'a pas parlé de ...
Ces derniers jours, nous avons pu voir fleurir dans un blog bien connu des "vieux" Wikipédiens (donné en lien ici, d'ailleurs) des diatribes - comme d'habitude - contre Wikipédia sous prétexte que, sur cette dernière, la crise économique n'était pas traitée au jour le jour, avec référencement des pensées (toujours pertinentes, j'imagine, la philosophie étant une discipline absolue et ses pratiquants infaillibles) des Grands esprits de ce monde. J'imagine que l'autrice auteuse auteure la blogueuse en question n'a pas lu un de mes derniers billets qui est basé sur l'incompatibilité entre fait en cours et écriture avec le recul. Et après, elle vient donner des leçons ...

Autres choses, mais vite.
  • Anthère, un peu gonflée en ce moment7, parle un peu d'économie numérique et du plan 2012 pour la France sur son blog.
  • Popo n'aime pas le francocentrage. Surtout quand il est aiguillé par l'actualité. Il n'a pas tort.
  • Il y aussi une section du bistro du 21 octobre qui aurait mérité sans doute un regard particulier ... Mais je n'ai pas vraiment le temps de le faire. Devinez laquelle !


1. Ou de forte inspiration, pour le moins.
2. Europe 1 en France et RTL en Belgique sont les exemples donnés.

3. Il y en a qui en font leur fond de commerce ... Il y en a beaucoup moins qui essayent d'étayer leur propos. Soit dit en passant, ce n'est pas parce qu'on prétend défendre la culture qu'on a les épaules pour.

4. Bon ceci dit, ce n'est pas la seule solution possible.
5. Ici. Allez voir les notes en bas, j'y donne un lien.
6. Pas de langue de bois.
7. Mauvais jeu de mots, parfaitement assumé. Z'avez qu'à lire le bistro du 21 octobre pour comprendre.

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