Publié par Pierrot le Chroniqueur

Les Wikipédiens francophones, ces derniers temps, n'avaient presque plus d'autre sujet de conversation : ce soir, la mythique émission de France 2, Envoyé spécial, consacrait une enquête à Wikipédia, intitulée "Faut-il croire en Wikipédia ?", avec rencontre de contributeurs, interview de Dieu tout-puissant, présentation du site et "investigations" (un bien grand mot tout de même, on va y revenir) sur les polémiques politiques et la fiabilité du contenu. Bref, "on" craignait le pire et, ma foi ... "on" a eu bien raison. Il faut dire, comme l'a souligné Rémi Mathis sur Twitter, que la télévision, aujourd'hui, exige du sensationnel. Et n'a pas toujours le temps d'être rigoureuse. Comment bien appréhender Wikipédia avec un reportage aussi court ? Décidément, les tentatives de communication se suivent et se ressemblent : quand un grand média audiovisuel réussira-t-il enfin l'exercice ?

 

Pourtant, certains médias sont capables de rigueur et d'exactitude lorsqu'ils parlent de Wikipédia — on se souvient par exemple de l'excellent et récent sujet de Micro hebdo — mais, de l'avis général, tel n'a pas été le cas ici. Inventaire non-exhaustif et subjectif des erreurs, des oublis et, pour être un minimum honnête, des points positifs.

 

 

Les erreurs (nombreuses et finalement classiques)

 

  • La première, comme d'habitude : l'instauration d'une hiérarchie fictive. Comme s'il était impossible qu'une entreprise de rédaction encyclopédique puisse fonctionner sans comité éditorial. Comme s'il était impossible que toute communauté fonctionne sans chef déterminé. Inconscients, mais si prégnants préjugés. Ainsi le pauvre Alexander Doria se voit-il coiffé de la casquette de "gendarme" parce qu'administrateur. Ainsi est-il (tout de même) précisé que "la communauté de contributeurs est sans dirigeants" ... mais pour aussitôt enchaîner par "mais pourtant" en présentant l'association Wikimédia France. Dont le rôle est très vaguement défini : "faire la promotion du projet". Rideau. Pas comme ça que la confusion WMfr/Wikipédia s'arrêtera ... Au moins a-t-on échappé à la présentation de Jimbo, interviewé, en commandant en chef de Wikipédia. Et pourtant, quand on voit à quel point son influence quasi-discrétionnaire se fait encore pressante sur certains points, il n'aurait pas été forcément inutile d'enquêter (c'est bien un travail journalistique) sur son rôle.
  • L'absence totale de compréhension des notions en jeu. Il y a bien un petit point sur les sources, mais pour opérer une généralisation abusive : "Toute contribution doit être sourcée". C'est faux : ce qui est évident n'a pas besoin de l'être ; et surtout toute source n'est pas forcément de la qualité requise. Dommage qu'il n'y ait pas de précision à ce sujet, même si le gros plan sur l'impressionnante bibliothèque de Jean-Jacques Georges a pu permettre au téléspectateur de se faire une idée du matériel à utiliser. Autre erreur sur les notions de base, l'habituelle confusion entre notoriété (pour pouvoir être admissible) et médiatisation : "Sans couverture médiatique, peu de chances de figurer sur Wikipédia". Rien de plus faux, et heureusement. Il faut dire aussi que ce commentaire émanait de François Asselineau, en guerre avec la communauté wikipédienne depuis que celle-ci a décidé qu'il n'était pas admissible. Au passage, la journaliste oublie d'ailleurs de préciser cet aspect "démocratique" (ou du moins consensuel) des choses : François Asselineau n'est pas censuré, mais les contributeurs ont constaté qu'il ne remplissait pas les critères d'admissibilité. Dis comme ça, c'est sûr, il devient plus difficile de faire croire au scandale ...
  • Troisième et considérable erreur : comme d'autres avant elle, la journaliste se sent obligée de "tester" Wikipédia. Autrement dit d'insérer volontairement des vandalismes (dont certains, bien sûr, n'avaient pas été repérés jusqu'à ce soir). De quoi susciter des vocations de vandales, mais France 2, on le sait, est coutumière du genre ... Au final, amis lecteurs soyez rassurés : les vandalismes n'existent plus. Kelkit12 a été bloquée pour avoir agrandi Paris ; Frédéric Dard a vu s'écrouler (grâce à une IP attentive, c'est à noter) sa prétendue Maison des ferrailleurs (mais l'auteur, Jigsaw33, attend toujours son blocage) ; Quilette ne pourra plus inventer des jobs d'été à Barack Obama ; et enfin Raphie7 est invitée à manger ses choux chinois ailleurs.

 

 

Les lacunes

 

Elles sont difficiles à dénombrer (et il faut bien reconnaître qu'il était impossible au sujet d'être exhaustif). Néanmoins, des éléments fondamentaux me semblent avoir été occultés :

 

  • Que les Principes fondateurs n'aient même pas été présentés. L'indispensable et court vade mecum pour expliquer Wikipédia, et surtout pour expliquer ce qu'on peut faire sur Wikipédia. Rien sur la neutralité de point de vue (bien que les articles des personnalités politiques aient été abordés, mais uniquement sous l'angle de l'autopromotion, et des divers exploits des ministères ou de Levallois-Perret pour lisser ministres et couple Balkany), rien sur l'aspect libre de Wikipédia (si ce n'est un court extrait d'une conférence de Jimbo qui parle des licences), rien sur la nature encyclopédique de Wikipédia (et encore moins un court exposé des divergences philosophiques fondamentales entre les contributeurs-mêmes de l'encyclopédie).
  • Rien non plus sur les autres projets (on voit pourtant JÄNNICK Jeremy expliquer qu'il prend beaucoup de photographies, mais le nom de Wikimedia Commons, à moins que je l'aie raté, n'est même pas mentionné). Ni sur la Wikimedia Foundation d'ailleurs, malgré la présence de Jimbo.
  • Pas grand chose également sur le vandalisme et la manière dont les Wikipédiens le combattent (et avec même une confusion entre RC et liste de suivi).
  • Pas davantage d'éléments sur les grands débats qui agitent la communauté : l'éventuelle politisation de Wikipédia, le droit d'auteur, etc.
  • Et enfin, le plus grave, aucune indication technique sur comment s'inscrire et comment contribuer. La base, ce qu'il faut sans cesse rabacher puisque nombreux encore sont ceux qui ne savent même pas qu'ils peuvent modifier Wikipédia. Au moins ont-ils du assimiler ce principe, il faudra s'en contenter ...

 

 

Les (rares) points positifs

 

Rien de bien transcendant, mais évoquons-les tout de même (histoire aussi, pour Tonton Pierrot, de ne pas encore passer pour le grognon de service) :

 

  • Que l'aspect purement bénévole du travail des contributeurs ait été mis en valeur. Le téléspectateur a pu se rendre compte que le Wikipédien prend sur son temps libre pour améliorer gratuitement, sans aucun autre bénéfice que la satisfaction de partager ses savoirs et ses sources, le projet. Presque jusqu'à la caricature quand Madame Jean-Jacques Georges se désole publiquement du trop grand temps que son compagnon passe sur Wikipédia. Mais que tous les Wikipédien(ne)s en couple leur jettent la première pierre : on a tous connu ce genre de reproches .
  • La petite enquête, et le sujet est proche, sur l'entreprise de communication qui, moyennant rémunération, purge avec efficacité l'article sur Wikipédia d'un "client" (entreprise ou personnalité politique). On se doutait très fortement que ce genre de pratiques faisait depuis un moment partie intégrante des prestations de com, tant est désormais importante la visibilité de Wikipédia. On en a eu ce soir une très bonne illustration. Finalement, le communicant n'aura commis qu'une erreur : montrer son méfait à la télévision. Car, là aussi, vous pouvez être rassuré : il a été du coup identifié et bloqué. Et son "client" doit à nouveau souffir l'exposé de ses turpitudes

 

 

Conclusion

 

Dans l'ensemble, une catastrophe. Pas une déception, puisque c'était attendu (et chronique). Au moins aura-t-on parlé de Wikipédia en prime time (et comme le dit l'autre : en mal ou en bien, l'important c'est qu'on parle de toi). Au moins aussi y aura-t-il eu un effet immédiat : environ 500 créations de comptes ... avec pour corollaire un taux inédit de vandalismes (et un grand merci au passage aux patrouilleurs de permanence pendant le reportage, comme Lomita, Theoliane, Mattho69 ou Jules78120). Autres conséquences rapides, hélas prévisibles : l'offensive des pro-Asselineau. Avec un culot sans cesse renouvelé. Tiens, cela me fait penser à un dernier manque dans cet Envoyé spécial : nulle part il n'est dit que Wikipédia n'est pas un terrain de jeu pour homme politique mégalomane et désœuvré.

 

[Edit] Comme le souligne justement Superjuju10, j'ai oublié de le créditer (pââs bien) pour avoir établi la statistique des 500 (environ) créations de compte. Je le précise, donc. C'est ici et sur #wikipedia-fr-liverc, à 22h25. Sans plus de précision, au nom de l'absence de publicité des logs ircéens. Et aussi parce que, bien sûr, je ne suis pas sur ce chan.

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'Abd asSalam 28/09/2014 22:16

Y a trop de mensonges sur ce qui est en lien avec les religions...

Pierrot le Chroniqueur 29/09/2014 10:02

Comme ?

JJG 11/11/2012 22:21


Je ne trouve pas du tout qu'elle soit si informelle que cela, mais elle est effectivement fluctuante.

JJG 11/11/2012 20:12


Je me suis mal exprimé : je ne voulais pas dire que ce billet, en particulier, hurlait à la mort. Mais il y en a qui ont fait tout un foin sur l'emploi du mot "hiérarchie" alors qu'il n'est pas
si inexact que cela. Je ne nie pas le principe de non-hiérarchie, mais dans les faits, il y a bien une forme de hiérarchie sur wikipédia. Elle n'est pas totale, et elle est fluctuante, mais elle
existe bel et bien. Je ne pense pas injurier le saint sacrement en disant ça.

Pierrot le Chroniqueur 11/11/2012 21:35



Disons que c'est une hiérarchie fluctuante et très informelle. Très localisée aussi.



JJG 11/11/2012 16:20


Oui, c'est un peu ce que je pense. A mon avis, il serait idiot de nier que les administrateurs ont, dans les faits, plus de pouvoir que les contributeurs lambda, même si la grande majorité n'en
abuse pas (quelques-uns en abusent ou en ont abusé : ce n'est pas pour des prunes qu'on a mis en place les contestations administrateurs) ; mais on ne peut pas non plus tirer de jugement
manichéen à ce sujet.


Ceci dit, il ne me semble pas qu'il y ait matière à hurler à la mort à propos de ce reportage : tout ce qu'a fait la journaliste, c'est d'employer à un moment le mot "hiérarchie", ce qui est un
peu réducteur, mais pas totalement faux non plus. Il faut accepter que des regards extérieurs pointent certains faits qui ne vont pas totalement dans le sens des principes affichés de wikipédia.
Simplement, si hiérarchie de fait il y a, elle ne se réduit pas à l'opposition administrateurs/non-administrateurs, loin de là.

Pierrot le Chroniqueur 11/11/2012 16:37



Oh, je ne "hurle pas à la mort" (je me suis efforcé d'analyser assez froidement), et j'ai bien sûr reconnu certains points positifs (un peu trop rares à mon goût, c'est tout).



Celette 11/11/2012 16:12


A JJG : il existe des contributeurs non administrateurs beaucoup plus influents que certains administrateurs. AMHA, il ne faudrait pas parler de hiérarchie mais de sphères d'influence (et on en
revient toujours à la "guerre des clans"). Certains péons peuvent déclencher des batailles et avoir illico presto le soutien de dizaines de personnes pour le/la porter à l'endroit où il le
souhaite, ce qu'une partie des administrateurs seraient incapables de faire. Certains admins sont des colosses aux pieds d'argile, et d'autres décident dans l'ombre. Je précise ici la discussion
que j'ai eue dans le passé avec quelqu'un, qui préferais en effet rester simple péon, mais qui en réalité tirait beaucoup plus de ficelles qu'on ne pouvait croire, les admins se pliant en 4 pour
accéder à ses requêtes. Et il préferait bien évidemment cette position, pas embêté pour un sou à devoir s'occuper des tâches peu reluisantes et parfois rébarbatives qu'impliquent le statut
d'admin.

Pierrot le Chroniqueur 11/11/2012 16:36



C'est exact, il y a quelques péons (des figures connues de la Wikipédia francophone) bien plus influents que nombre d'administrateurs. Parfois en lien avec la guerre feutrée des "clans". Parfois
pour heureusement influer dans le bon sens, mais pas toujours.



Celette 11/11/2012 15:55


Je ne comprends pas trop ton désolement : le titre du reportage était clair, l'ange choisi aussi. Ce serait comme s'étonner lors de la diffusion d'un reportage (par exemple) sur l'Allemagne de
1945 à 1989 qu'on ne parle pas du nazisme. Oui, ça permet d'expliquer la suite, c'est important et nécessaire, mais ce n'est pas le sujet, et ce ne sera qu'évoqué succintement. Après coup, je ne
saisirais pas trop un l'objet d'un reportage d'Envoyé spécial nommé : "Comment contribuer à Wikipédia ?" (mais dans une émission plus technique et spécialisée si).

Pierrot le Chroniqueur 11/11/2012 16:35



L'angle choisi n'aurait pas empêché un peu de pédagogie en introduction du sujet. Et surtout son traitement est, c'est mon point de vue, superficiel et sensationnaliste.



JJG 11/11/2012 15:53


La "non-hiérarchie wikipédienne", je n'irai pas jusqu'à la nier, mais elle est quand même relative.

Pierrot le Chroniqueur 11/11/2012 16:34



Elle est réelle sur le plan éditorial (les administrateurs ou bureaucrates n'ayant que des prérogatives techniques, feu les arbitres n'ayant que des pouvoirs de régulation communautaire). Avec
tout de même deux écueils : celui du poids communautaire bien résumé ci-dessous par Celette, et aussi l'inégalité IP/contributeur confirmé. Il faut bien le dire, on a tendance à faire bien plus
confiance à un contributeur chevronné qu'à un débutant ou à une IP. Et on reverte bien plus facilement les deniers que les premiers.



Celette 11/11/2012 14:39


Contrairement à beaucoup ici, et toi le premier Pierrot, je n'ai pas été si déçue que cela par ce reportage. Certes, on peut lui repprocher beaucoup, et tu l'as fait avec exhaustivité ici, comme
d'autres l'ont relevé rapidement après la diffusion sur le Bistro. Néanmoins, j'ai jugé dans l'ensemble que ce n'était pas si mal. D'une part parce que la journaliste a du subir avec insistance
le rappel de bons nombre de contributeurs, moi la première, sur la non-hiérarchie wikipédienne (elle parle alors de "gendarme", mais tu noteras que c'est assez allusif : elle n'y va pas avec ses
gros sabots comme on pouvait le voir jusque récemment), d'autre part parce qu'en 20 mn, l'essentiel (au sens strict) des aspects de Wikipédia sont traités, ce qui, en un sujet de cette longueur
relevait AMHA de la gageure : liste de suivi, vie et diversité des Wikipédiens, autopromotion, aspects juridiques... Je sais déjà ce que tu vas me répondre : "Mais les PF, la création de compte,
les patrouilles RC, qui en parle hein ?". Et là je te réponds : "Regarde le titre du reportage !". C'est "Faut-il croire en Wikipédia" et non pas "Qui est Wikipédia", "Comment contribuer à
Wikipédia" ou "Venez eh oh, venez contribuez à Wikipédia !". Les aspects techniques et assez spécifiques que tu souhaitais n'entrent donc (ce n'est pas mon souhait, mais bon) pas dans ce champ
là. En définitive, malgré ces problèmes inhérents à tout reportage à forte audience, je crois que pour la première fois, on a le reportage le moins nul qu'il m'ait été donné de voir, et que pour
le lecteur, le Français moyen, on sait que derrière ces pages, il y a des utilisateurs de chair et de sang, avec un petit coeur qui bat.

Pour l'anecdote, j'ai moi-même été contactée, mais ayant refusé d'être filmée, la journaliste a d'abord décidé de simplement m'envoyer des questions, avant évidemment de disparaître dans la
nature. Tant pis, car j'aurais trouvé intéressant de montrer que Wikipédia ne charrie pas les mêmes profils de contributeurs.

Pierrot le Chroniqueur 11/11/2012 15:47



Je suis bien conscient que le format assez court du reportage ne permettait pas d'être exhaustif. Je sais aussi qu'il y avait effectivement un "angle" (le terme journalistique consacré, me
semble-t-il). Mais je me désole toujours qu'il n'y ait pas eu un minimum d'explications pédagogiques sur comment contribuer. Enfin, je sais que les avis de Wikipédiens sont très partagés sur ce
reportage, comme sur beaucoup de choses finalement.



Billeversée 09/11/2012 19:57


Franchement, ce n'était pas si terrible pour du journalisme. Certes il y a des simplifications et quelques oublis, mais le reportage était assez cadré sur l'idée de faire découvrir quelques
aspects de Wikipédia. J'ai beaucoup apprécié la première partie avec le "travail" quotidien de quelques Wikipédiens, au moins, on voit concrètement ce que signifie lire et citer ses sources. On
aurait juste pu nous éviter Asselineau.


En tout cas, vu le nombre de commentaires ici, c'était au moins bénéfique pour toi Pierrot :P

Pierrot le Chroniqueur 10/11/2012 12:20



Oui, suivre quelques Wikipédiens était amusant, mais n'apporte pas grande réflexion. Justement non, je n'ai pas vu du tout qu'on voyait "concrètement ce que signifie lire et citer les sources".
L'accent sur l'importance du sourçage a été très simpliste et mal indiqué.


 


En revanche, je confirme que l'un des grands effets bénéfiques de ce reportage, je devrais donc en être content finalement, aura été l'établissement, hier, d'un nouveau record de visiteurs
uniques quotidiens pour moi.



JJG 09/11/2012 18:42


Voilà. Comme Noel Olivier, je pense que le reportage est plutôt intéressant pour le grand public qui ne sait pas - ou peu - comment ça fonctionne. Certes, en 20 minutes de reportage, il ne saura
pas tout, mais au moins il en saura davantage et il aura été informé de certaines problématiques pertinentes. Parce qu'il ne faut pas se voiler la face, si le reportage pointe certains problèmes,
c'est qu'ils existent bel et bien. Ca n'a rien d'un pamphlet contre wikipédia, et il faut prendre ce genre de "critiques" de manière positive.

Pierrot le Chroniqueur 10/11/2012 12:17



Les critiques argumentées sont toujours les bienvenues, les "enquêtes" peu fouillées un peu moins ... Ce n'était ni un pamphlet ni un éloge ni une oeuvre didactique. En fait, je n'ai pas vu de
substance. Comme le disent certains intervenants plus haut, ce n'était presque que du sensationnalisme. J'ai peut-être la dent dure, mais c'est vraiment ce que je retiens de ce sujet.



Noel Olivier 09/11/2012 18:19


Je viens de voir l'émission et je ne l'a trouve pas si mauvaise. Elle est même assez pédagogique. La plupart des gens ne savent pas qu'il y a des contributeurs anonymes derrière wikipédia. Cette
émission le leur apprend. Ainsi que l'existence des pages de discussion, des patrouilleurs, de l'historique, des notes de bas de pages, des votes sur la suppression ou non d'une page... De
l'importance aussi de sourcer les articles, de se documenter. Franchement, ce n'est pas si mal. Ceci dit, maintenant qu'Asselineau est passé sur France 2, il est peut-être éligible... C'était
peut être cela le but caché de l'émission. Damned, encore un complot...

Pierrot le Chroniqueur 10/11/2012 12:15



Ben justement, je ne l'ai pas trouvée très pédagogique. L'existence des pages de discussion n'est que brièvement évoquée, tout comme la patrouille et les "notes de bas de page" (aucun indice sur
comment utiliser des sources de qualité). Je n'ai vu aucune mention des pâges à supprimer (je ne sais pas où tu les as vues, j'ai peut-être raté quelque chose), et, surtout, surtout, il n'est pas
techniquement indiqué comment contribuer et il n'y a rien sur les principes fondateurs. Donc, et c'est toujours mon simple point de vue, je ne trouve pas du tout que le reportage ait été efficace
point de vue pédagogie.



JJG 09/11/2012 15:03


Je ne trouve pas du tout que le traitement soit négatif ! Le reportage montre - à bon droit - du négatif, mais aussi du positif.

Pierrot le Chroniqueur 10/11/2012 12:13



Oui, j'ai indiqué quel était le positif selon moi. Et, honnêtement, mis à part les points que je souligne et le fait, comme je le dis en conclusion, que Wikipédia aura quoi qu'il en soit les
honneurs d'un prime time, je ne vois pas grand chose de positif et de correct à célébrer. Mais, comme de coutume sur ce blog, ce n'est que mon point de vue. Toujours critiquable à plaisir, et je
l'accepte avec plaisir !



Superjuju10 09/11/2012 14:56


Réactions sur le forum de l'émission, on l'on parle d'Asselineau, de boycott...
mais aussi de manipulation (du reportage, pas de l'encyclopédie).

Pierrot le Chroniqueur 10/11/2012 12:11



Comme un parfum de tentative (avortée) d'instrumentalisation ...



Superjuju10 09/11/2012 14:49


Il est clair que l'effet "boom-boom" (pour reprendre l'expression de JJG) est souvent demandé dans des enquêtes journalistiques, à la fois pour l'audiance que pour réléver la façade caché d'une
chose afin que le public puisse faire preuve de méfiance. Mais c'est valable pour n'importe quelle émission, et certains n'hésitent pas à repousser les limites, comme Spécial
investigation sur Canal+ .  Donc, quand une équipe enquête sur Wikipédia, il est évidant que les
journalistes ne traiteront pas le sujet dans le positif. Maintenant, France 2 reproche tel chose à l'encyclopédie, à nous de prouver le contraire.

Pierrot le Chroniqueur 10/11/2012 12:10



On peut se demander, comme je l'avais récemment lu dans je ne sais plus quel journal, pourquoi le service public de France Télévisions continue de rechercher l'audience avant la qualité des
programmes après 20 h puisqu'ils n'ont plus droit à aucune publicité. On aurait pu croire qu'en l'absence d'annonceur, on aurait retrouvé le soir des programmes libres de toute contingence
quantitative. Même pas ... Enfin, je dérive un peu là.



JJG 09/11/2012 14:39


Je ne sais pas si l'on peut vraiment dire qu'il y a un ennemi, en l'occurrence ; même avec des guillemets. Si wikipédia a des ennemis, ils sont plutôt liés à ses défauts structurels.


Après, c'est sûr que dès qu'on connaît un tant soit peu un sujet, on se rend compte des limites de son traitement par les médias grand public (et même par les médias spécialisés, parfois...) Mais
dans ce cas précis, sans vouloir non plus en faire trop, je trouve que dans les limites du format "Envoyé spécial", c'est pour le moment ce qu'on peut espérer de mieux, dans l'attente de la série
documentaire en trois-quatre heures qui ne verra peut-être jamais le jour. J'en profite pour dire qu'à mon avis il ne serait pas vraiment souhaitable que la fondation wikimedia fasse elle-même ce
genre de documentaire : j'aurais peur que ça fasse trop "langue de bois/autopromo". A mon avis les regards extérieurs sont indispensables : on pense ce qu'on veut du traitement et du résultat,
mais il faut en accepter le principe.

Pierrot le Chroniqueur 09/11/2012 14:52



J'aurais dû mettre : l'élément perturbateur (qui entraîne une réaction) plutôt qu'ennemi. Cela est certainement plus adapté.


Tu écris : "J'en profite pour dire qu'à mon avis il ne serait pas vraiment souhaitable que la fondation wikimedia fasse elle-même ce genre de documentaire : j'aurais peur que ça fasse trop
"langue de bois/autopromo". Je ne peux qu'être d'accord. D'autant plus, comme je l'ai souligné, que la WMF joue parfois avec le feu dans les projets qu'elle est sensée soutenir, et seulement
soutenir au regard de certains principes fondateurs.



JJG 09/11/2012 14:04


D'accord dans l'ensemble avec Buisson. Je trouve que le reportage est forcément PARTIEL (ce qui ne veut pas dire PARTIAL) mais, je me répète, il ne dure que 20 minutes environ donc c'est
inévitable. Evidemment, vu le temps imparti, on ne voit que certains aspects des choses et vu le média je ne trouve pas que l'image donnée soit fausse. Elle ne peut qu'être incomplète, mais je ne
pense pas du tout qu'elle soit source d'incompréhension, ni qu'elle induise le grand public en erreur.

Pierrot le Chroniqueur 09/11/2012 14:31



Buisson fait effectivement un commentaire intéressant.


Là où je ne peux être d'accord, c'est que je pense moi qu'une présentation partielle fausse les choses. Volontairement ou non.


Deuxième chose que je remarque : rien de tel qu'un "ennemi (extérieur)" (les guillemets sont intentionnels, je ne connais pas l'opinion personnelle des journalistes auteurs du reportage) pour
donner une impulsion fédérative. Même si des nuances arrivent toujours.



Buisson 09/11/2012 13:58


Moi j'ai un regard beaucoup plus positif que pas mal de gens sur ce reportage mais c'est peut-être parce que j'ai plus l'habitude de partiquer les médias qu'une majorité de wikipédiens.


Ce qu'il faut retenir quand vous parlez à un journaliste c'est :


1) Le journaliste n'est pas un perroquet : il n'est pas là pour transmettre la bonne parole  de ceux qu'il interroge mais pour donner tous les points de vue sur le sujet. Il y en a forcément
qui sont déplaisants pour certaines des parties. D'autant plus si ces points de vue ne sont pas pertinents (subjectivement ou objectivement). C'est d'ailleurs l'obligation qui nous est faite par
les Principes Fondateurs de pondérer les points de vue en fonction de leur pertinence objective qui fait que nous sommes, en théorie, plus rigoureux dans la rédaction des articles de WP que
beaucoup de journalistes professionels. 


2) Comme tout être humain il a des à priori sur le sujet qu'il traite. Le bon journaliste sait prendre de la distance vis-à-vis de ses propores opinions pour rendre un reportage objectif mais les
journalistes sont comme les profs, les chefs d'entreprises, les politiciens etc : ils ne sont pas tous bon.


3) Le journaliste, même si'il est objectif, élabore pendant son enquête (et souvent avant) le plan de son reportage. Au pire il va essayer d'obtenir ce qu'il veut pour coller à ce plan, même au
mépris de la réalité. Au mieux, même si il ne les suscite pas, son attention sera davantage retenue par les propos qu'il s'attend à entendre (parce que, sur 10 minutes de questions, il sait qu'il
n'en retiendra que 2 pour le reportage, donc il réfléchit pendant qu'il vous pose des questions à son découpage et il conserve en priorité ceux qui collent à son plan).


4) Même si on évite tout les écueils précédents, il ne faut pas oublier que le journaliste est payé par un média qui attend un reportage :


  a) Qui colle avec sa ligne éditoriale.


  b) Qui lui permet (en théorie) de gagner des parts de marché sur les autres médias du même secteur.


Et enfin, quand bien même on aurait un reportage parfait (càd satisfaisant de notre point de vue) qui répond aux attentes a) et b), il reste encore un biais possible :


  c) Le représentant du média qui demande le reportage au journaliste est aussi un être humain (avec tout ce que ça implique...) et, souvent, c'est aussi un... journaliste --> retour au
1).


Donc, sachant tout cela et même si le reportage aurait pu être meilleur, il n'en reste pas moins que, dans l'ensemble, je trouve que c'est plutôt bon et que c'est la première fois qu'un média
généraliste traite aussi bien le sujet. En résumé peut mieux faire mais encourageant.

Superjuju10 09/11/2012 13:26


Arrêt sur image vient de revenir sur ce reportage. Et
mes dires se confirment, les journalistes n'ont pas pris le temps de consulter les pages d'aides, les recommandations, etc.... Il s'avère pourtant que la page Wikipedia:Administrateur précise clairement qu'ils n'ont aucun rôle
éditorial.





 


 

Pierrot le Chroniqueur 09/11/2012 13:49



Cet article est sans doute plus mauvais que le reportage lui-même. Dommage.



Juraastro 09/11/2012 13:23


@ JJG : ce n'est pas faux. Le seul problème est que comme les gens ne pensent et ne réfléchissent plus par eux-mêmes, ils gardent la vision incomplète en tête et lorsqu'ils tentent de s'en faire
un avis à eux, ils n'ont qu'une version erronée. En fait, ce reportage n'est que l'une des inombrables sources d'incompréhension du projet.


La moralité dans cette histoire est que nous devriont dorénavent refuser tout reportage provenant de la presse au sujet de Wikipédia, étant donné qu'ils répètent de manière moutonnière les mêmes
chose à chaque fois (voir aussi Marianne de la semaine dernière). Nous ne devrions plus qu'exiger qu'un documentaire de 1 ou 2h soit effectué. Limite, la WMF ne pourrait-elle pas engager cela ?
C'est son rôle.

Pierrot le Chroniqueur 09/11/2012 13:48



Exiger, refuser ? C'est faire fi de la liberté de la presse, y compris de faire n'importe quoi. Après tout, on ne peut pas reprocher à des journalistes non contributeurs de ne pas mettre en
exergue des choses ignorées volontairement par des contributeurs, bien présents sur Wikipédia ceux-là.


Même si on peut évidemment le regretter (comme je le fais moi-même).



JJG 09/11/2012 13:01


De toutes manières, c'est comme pour tous les sujets un tant soit peu complexes : il faudrait un documentaire d'une heure ou deux pour tout décrire fidèlement et sans raccourcis. Je maintiens que
vu le format de 20 minutes, et en tenant compte du côté "boum-boum" demandé par la rédaction d'Envoyé spécial, ce n'est pas si mal ; en tout cas, ça aurait pu être bien pire et ça ne donne pas
une image si faussée que cela de wikipédia. A mon sens, elle est forcément incomplète, mais pas fausse.

Pierrot le Chroniqueur 09/11/2012 13:46



Je suis d'accord sur la nécessité du documentaire. Peut-être un chantier à venir pour une équipe de journalistes et/ou documentalistes  ?



Coyote du 86 09/11/2012 12:49


Je viens de regarder ce reportage en replay et j'ai beaucoup rigolé je dois avouer.

Entre raccourcis falacieux et autres biais sensationnalistes, on ne peut que, lorsqu'on connait bien le fonctionnement de l'encyclopédie, se dire que lorsque qu'on ne creuse pas un sujet, le
rendu est mauvais (tiens, comme sur Wikipédia...).

En outre, j'avais été contacté par Louisegay (ou tout autre pseudo utilisé pour "participer" sur Wikipédia...) pour participer à ce magnifique reportage... Et vu ce que ça a donné, je n'ai aucun
regret de ne pas avoir donné suite, me doutant bien que quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse, le plus "interessant" aurait été gardé.

Et qu'on me fasse passer pour un gendarme de l'encyclopédie, non-merci :D

Pierrot le Chroniqueur 10/11/2012 12:08



Comme sur Wikipédia, oui, finalement. Le plus important, partout, ce sont le travail, la recherche et la rigueur. Et, petit aparté un peu hors sujet : quand je vois ça, j'en suis presque déprimé ...



Bof 09/11/2012 12:47


Heu c'était une blague, j'avais bien compris ça :D :D


Quelle page? quels propos?

JJG 09/11/2012 12:38


Des propos faisant, de manière plus ou moins ouverte, l'apologie de la pédophilie. C'est plus clair comme ça ?

Bof 09/11/2012 12:28


C'est quoi des "des propos pédophiles", des propos qui violent les enfants ? :D


Sérieusement, quelle page, quels propos ? N'est-ce pas plutôt l'usage de la source indiquée dans le reportage ?

JJG 09/11/2012 12:04


En même temps, ce que le reportage aurait pu davantage souligner c'est que si certains sujets sont traités de manière relativement complète et fiable - en l'occurrence, Giscard, Mitterrand, mai
68, bref ceux qui étaient montrés à Sirinelli - d'autres, plus pointus ou moins orientés "francophonie", mais qui portent pourtant sur des sujets importants, sont dans un état exécrable et pas du
tout fiables. Ce qui prouve que les wikipédiens, y compris francophones, ont beau être nombreux, on manque toujours de bras.

Pierrot le Chroniqueur 09/11/2012 13:44



Un vrai sujet à creuser, qui peut être celui de l'orientation des bras, également.



Twilight-Brawl 09/11/2012 11:42


Cette remarque sur la page de Mai 68 me fait penser au prof de lycée qui se plaignait qu'avec Wikipédia, ses élèves allaient arrêter de réfléchir par eux-mêmes...


Justement, àmha, le fait de neutraliser Mai 68 ou tout autre article est l'occasion pour le lecteur de se faire un avis lui-même sur la chose sans être influencé par l'avis et la façon de rédiger
des contributeurs. L'analyse de Mai 68 pour parler de cette page pourrra être fait par chacun à partir de faits réels (évidamment) neutres et sourcés, d'où mon idée d'un avis et d'une pensée
distincts contrairement à ce que le prof craint.

Pierrot le Chroniqueur 09/11/2012 12:02



A condition qu'il soit bien neutre, ou du moins qu'il tende vers la neutralité parfaite. C'est difficile, dès lors qu'on touche aux sciences
humaines, a fortiori sur des sujets polémiques. Un point qui aurait aussi pu être abordé, au moins de manière sommaire.



JJG 09/11/2012 11:39


L'aspect intéressant qui ressortait du commentaire de Jean-François Sirinelli, et qui aurait pu être un peu plus développé, c'est que wikipédia c'est utile pour aborder un sujet - et encore
faut-il que l'article consulté soit bien fait, évidemment - mais que pour étudier un sujet sur le fond, ça ne remplacera jamais un bon livre.



Il y a quelques petites erreurs et des raccourcis un peu trop rapides, mais pour un reportage télé de vingt minutes, je trouve que ça ne donne pas un si mauvais aperçu du sujet. Le problème c'est
que la plupart des gens n'iront pas au-delà de l'aperçu mais ça c'est le format qui veut ça.

Pierrot le Chroniqueur 09/11/2012 11:59



Voilà, c'est ce que j'ai indiqué plus haut dans ma réponse à Twilight-Brawl. Wikipédia n'étant pas le réceptacle de thèses, elle ne peut pas avoir la même profondeur - ni le même objectif - qu'un
livre écrit par un universitaire.


 


PS : j'espère que tu ne m'en veux pas pour avoir relevé, avec un peu d'humour, le mécontentement de Madame Jean-Jacques Georges.



Bastien 09/11/2012 11:38


Ah et sinon, la grosse grosse bourde du "licence libre de droits".  WTF?!

Pierrot le Chroniqueur 09/11/2012 11:56



C'est toujours très très difficile d'expliquer ce qu'est le libre et ce qu'impliquent les licences libres. Je l'ai déjà remarqué. Ce point est sans doute le plus délicat de la pédagogie à
délivrer. Mais le moins fondamental, à mes yeux, car il impacte bien moins le contenu (et je ne vais pas à nouveau disserter sur les dangers qu'il peut y avoir à faire passer Wikipédia pour un
groupe de croisés du libre).



Bastien 09/11/2012 11:36


La mission de WMFr : promouvoir les projets Wikimédia. Et toutes les promotions grand public ont été des « catastrophes » (même si je serais moins sévère que toi sur celle-ci.)  Peut-être
temps d'avoir une formation en communication pour les salariés WMFr ?  Ca rime à quoi de faire parler un employé tout frais ?  (J'ai rien contre Sébastien hein.)  Le fait d'inciter
à parler de Commons, par exemple, ou de WLM (actu, multi-projets, etc.) aurait fait une grosse différence.

Pierrot le Chroniqueur 09/11/2012 11:53



Une formation en communication est-elle vraiment la priorité des priorités, cela dit (même si un peu d'expertise n'est jamais malvenu, bien sûr) ?



Twilight-Brawl 09/11/2012 10:26


Autre lacune (mais ça aurait été trop demandé à France 2 apparement), absolument aucun sur la notion de Bons Articles et d'Articles de Qualité.


Parce que bon, la journaliste a parlé des miliers d'anonymes qui passe une partie de leur temps libre à contribuer mais la finalité ultime de ces contributions est d'avoir des articles
correctement sourcés, accessibles, illustrés, bien rédigés...des BA/AdQ en somme.


Dommage de s'être entêté sur le vandalisme, la patrouille et le sensationnel alors qu'il y avait d'autres millions trucs à dire.

Pierrot le Chroniqueur 09/11/2012 10:39



Très judicieuse remarque (et je m'en veux d'avoir oublié cet oubli ). Il aurait été profitable de mettre l'accent sur
les réussites du projet wikipédiens à travers ses articles étendards jugés de qualité par la communauté. Il y a tout de même eu Jean-François Sirinelli qui a vanté l'exactitude factuelle, donc la fiabilité, de Wikipédia, mais à travers
l'exemple d'un article qui n'est même pas labellisé (mais c'est peut-être bon signe, finalement) : Mai 1968. En revanche, il a regretté le manque de profondeur analytique ; mais comme beaucoup d'experts, il semble avoir du mal à appréhender la notion de neutralité de point de vue,
inhérente (et obligatoire) au modèle participatif du projet.



Auregann 09/11/2012 08:39

Ainsi que du sentimental. Je n'ai pas du tout aimé la partie "madame se plaint que monsieur est trop sur wikipédia", une bonne minute absolument inutile, bourrée de clichés et mise là juste pour
faire sourire mamie. Je veux croire que tous les wikipédiens ne sont pas des geeks... ahem ;)

Pierrot le Chroniqueur 09/11/2012 09:53



Est-ce vraiment, dans l'absolu, "geeker" que de wikipédier ? Wikipédier, c'est aussi et surtout faire de recherches documentaires et se mettre (modestement) dans les pas de Diderot et d'Alembert.
Mais peut-être étaient-ils les geeks de leur époque.



Juraastro 09/11/2012 00:29


Pas faux. Mais je voulais dire par-là que ce n'est pas de la part de ce genre de chaîne qu'il faut s'attendre à de la qualité, surtout lorsque c'est un magazine d'investigation qui s'en charge et
non pas une équipe de documentaire.


Quand je parle de l'argent, ce n'est pas forcement les journalistes eux-mêmes qui sont en cause. Je pense qu'il existe des journalistes consciencieux qui font bien leur travail, mais ils sont
soumis à la pression de leur rédaction qui exige toujours du sensationnel et du buzz pour booster les ventes et les audiences (ce qui rapporte plus d'argent) (voir à ce sujet le Marianne de la
semaine dernière). Cela implique évidemment des élisions volontaires et un travail de recherche ultra-bâclé.

Pierrot le Chroniqueur 09/11/2012 00:41



Oui, voilà. Ici, il y avait clairement une certaine recherche du sensationnel et du polémique.



Juraastro 09/11/2012 00:13


Très sensiblement moins catastrophique que l'espèce de machin se prétendant être un reportage pondu par la même chaîne dans son JT il y a quelques mois. Mais bon, ces gens ne sont là que pour se
faire du blé en abrutissant un peu plus le peuple avec ses reportages à la con sur des sujets secondaires, mais qui rapportent. Le jour où il y aura un documentaire fait sur le fonctionnement de
Wikipédia, ce ne sera pas sur France 2 qu'il faudra aller (vu qu'ils sont quasiment au même niveau de TF1), mais plus sur France 3, France 5 ou même Arte.

Pierrot le Chroniqueur 09/11/2012 00:20



Pas certain que France 3 soit de meilleure qualité que France 2, ni que l'argent soit la seule cause de la médiocrité d'un documentaire. Il peut y avoir des bons documnetaires sur TF1 et des
horreurs sur Arte. Oui oui, ça arrive !



LittleTony87 09/11/2012 00:12


Pas vu passer le reste. T'auras qu'à faire un billet sur le sujet tiens :D Pierrot, toujours pratique quand on est trop occupés pour voir ce qui se passe sur WP ! o/

Pierrot le Chroniqueur 09/11/2012 00:19



Je ne peux pas être partout, malgré tous mes efforts.



LittleTony87 09/11/2012 00:02


Par contre, autre détail occulté. Il est question des ajouts pédophiles sur WP. jean Jacques George explique (à raison) que c'est inadmissible, et le reportage montre les textes effacés, "end of
the story". On oublie de préciser qu'au même moment, en RA, on trouvait encore le moyen, par endroits, de dire que des propos pédophiles en pdd, ma foi, c'est pas bien grave, donc on coupe pas,
on bloque pas. Pas assez télégénique pour WP ? :(

Pierrot le Chroniqueur 09/11/2012 00:08



Très bien vu. Mais ces derniers temps, de plus en plus de comportements odieux, voire illégaux, sont partiellement justifiés en RA au nom de la liberté d'expression. C'est assez pénible. Et
aurait pu être un sujet abordé par l'émission, en effet.



Superjuju10 08/11/2012 23:59


Ehhh !!! Voleur ! 

Pierrot le Chroniqueur 09/11/2012 00:07



De quoi ?


 


[Edit] D'accord, vu sur Twitter. Je corrige.



LittleTony87 08/11/2012 23:58


Rien à ajouter, reportage lamentable... Je reprends mon Micro Hebdo. :D

Pierrot le Chroniqueur 09/11/2012 00:07



Bonne idée, il est collector !



Superjuju10 08/11/2012 23:56


Je n'ai rien loupé :lol:


Pauvre Jules78120...

Pierrot le Chroniqueur 09/11/2012 00:06



Non, finalement.