Publié par Pierrot le Chroniqueur

J'avais évoqué le sujet ici, et promis d'en faire un beau billet. Donc je me lance. Pour un billet, en tout cas. Beau, nous verrons. Le sujet, c'est l'étude de la spirale sur Wikipédia. Pas celle-ci, mais celle dans laquelle sont entraînés quelques utilisateurs, négative et pleine de blocages communautaires voire d'arbitrages. À cause d'une mauvaise "wikiréputation", enfin au moins aux yeux de certains contributeurs influents, comme nous allons le voir. C'est sans doute inévitable : comme je l'ai dit à plusieurs reprises, Wikipédia est non seulement, et avant tout, un projet collectif d'encyclopédie, mais aussi une communauté. Avec des interactions entre ses membres, des luttes d'influence et des avis de tous sur chacun. Qui est donc plus ou moins populaire (j'appelle cela "wikiréputation").

 

Selon la page idoine, il existe sur Wikipédia deux types de blocages :

  • Le blocage administratif, destiné à protéger l'encyclopédie en combattant le vandalisme1. Il est unilatéralement décidé par un seul administrateur dans le cadre d'une maintenance quotidienne2 
  • Le blocage communautaire, destiné à sanctionner des "fautes de comportement de façon récurrente". L'urgence n'étant pas de mise, et les implications communautaires évidentes, la règle est la discussion sur le Bulletin des administrateurs3. Il est de plus en plus fréquent, à mesure que les capacités du Comité d'arbitrage à simplement remplir son rôle déclinent4. D'où l'entrée en scène de variables comme les relations entre les uns et les autres, ou encore la "wikiréputation" du contributeur concerné. Les observations et commentaires qui suivent auront donc trait à ce genre de blocages.

 

Un élément important réside dans le caractère collectif de la décision de blocage, qui a tendance à le légitimer5 malgré les défauts dont il pourrait souffrir. Ainsi, des cas similaires peuvent être traités différemment selon les sensibilités des administrateurs qui s'expriment (car ce n'est pas forcément les mêmes) ; autrement dit, il n'y a pas de jurisprudence en matière de blocage. C'est possiblement problématique, mais atténué par le fait qu'un blocage doit donc être consensuel. Plus gênants, et c'est le principal sujet de ce billet, sont les blocages à la tête du client : dans ce cas, les divergences ne s'expliquent pas par des différences d'analyse, mais bel et bien par la personnalité du bloqué. C'est là que survient la notion de "wikiréputation" : dans certains cas, la mauvaise popularité de l'utilisateur avec éventuellement, en prime, des inimitiés durables avec quelques administrateurs, priment sur toute autre considération. La nature de l'acte et son analyse par les administrateurs passent donc au second plan, alors que ces élément devraient évidemment être primordiaux. Pire encore, il peut maintenant arriver que la simple exaspération que procure un contributeur suffise ouvertement à justifier un blocage, sans même qu'ait été commise une action susceptible d'entraîner sanction ou mettant en péril l'encyclopédie. À tel point, petite provocation, que j'en viens parfois à me demander si tous les administrateurs s'exprimant sur un blocage ont au moins fait l'effort de lire de quoi il retourne. En témoigne le récent blocage de Vi..Cult..., simplement coupable de ne pas être assez pertinent sur le Bistro6. C'est sûr qu'il est pénible, sans doute pour de nombreux contributeurs, mais il faut faire avec. Et ce n'est pas l'explication métaphysique de Dereckson sur de supposées aspirations secrètes de la communauté qui me convaincront du contraire. Starus, bref et percutant, a, à mon sens, mis le doigt sur un vrai problème. Et qui peut fonctionner dans les deux sens : certains non-blocages apparaissent parfois tout aussi saugrenus.

 

Un cas particulièrement édifiant est celui du blocage pour "attaque personnelle". Le moins qu'on puisse dire, mais ce n'est pas si nouveau, est que la notion d'attaque personnelle est très fluctuante dans le temps. Et surtout selon les personnes qui la profèrent (ou non). Voire même en fonction des "victimes"7. Un contributeur ayant mauvaise réputation, on sera davantage enclin à le sanctionner, à l'inverse de celui qui est apprécié. Ou semble apprécié. Celui-là bénéficiera d'une certaine indulgence. C'est, je le répète, assez humain. Et ce serait anecdotique si ces variations restaient dans une modulation raisonnable. Le problème est justement qu'on n'est pas (plus) dans le raisonnable. Les fluctuations sont dorénavant importantes : certains peuvent se retrouver bloqués au moindre pet légèrement de travers, tandis que d'autres ont l'air de pouvoir tout se permettre. En toute impunité. Différences parfois renforcées en fonction de la popularité de la "victime" : si le magnifique A, héros de Wikipédia, qualifie B, qui énerve beaucoup de monde, de *BIP*, il ne se passera rien. Si, on envisagera peut-être le blocage de B car il a dû faire quelque chose de pas bien (on ne sait pas quoi mais il a dû) pour ainsi énerver le merveilleux A. Je sais, je caricature un peu. Et j'ai surtout l'air, à mon corps défendant, de donner dans un ton très proche d'un certain wiki pourtant sans aucune intelligence ni consistance. Mais je n'aurais sans doute pas dit cela il y a encore un an à peine. Ces problèmes que je pointe me semblent assez récents8. Ou en tout cas s'être accentués, en dépassant désormais les limites de ce qui est acceptable. Et ce constat n'est clairement pas étranger aux multiples revendications que l'on voit fleurir à propos du contrôle des activités administratives. 

 

Ceci étant posé, comment se construit cette wikiréputation ? Déjà, il faut y mettre (au moins un peu) du sien. Avoir un ton désagréable, par exemple, n'aide pas beaucoup. Troller en permanence sur le Bistro, de même qu'écrire des phrases incompréhensibles pour le commun des mortels, non plus. Il est également mal vu, soyons clairs, d'avoir un peu trop d'idées dissidentes sur Wikipédia et son fonctionnement. Une de temps en temps, pourquoi pas, mais au-delà on doit être une brebis galeuse. En revanche, faire régulièrement n'importe quoi dans l'espace principal semble avoir peu d'impact9. Ensuite, et surtout, se déroule un phénomène de masse. C'est-à-dire qu'un contributeur qui, lui, est bien vu, va se plaindre une fois ou deux — sur IRC, Twitter, voire le Bistro ou le BA — d'un autre utilisateur (avec lequel il s'est accroché ou même qui se contente de l'agacer). Puis un peu plus régulièrement. D'autres, également agacés, vont ensuite reprendre la même antienne. Conséquence logique : les spectateurs ont maintenant du contributeur visé un a priori défavorable. Et s'ils voient de sa part une action ou un commentaire peu approprié, ils ne manqueront pas de se dire : "Ah oui, on me l'avait bien dit : quel pénible, celui-la". Et ainsi de suite, jusqu'à ce que la simple mention du contributeur s'accompagne de commentaires sarcastiques entre initiés ou de soupirs ("ah, encore lui !") désobligeants. Le tout sans intention maligne : c'est un phénomène de masse, avec des comportements inconscients10. Le recul, alors, n'existe plus. Il y a tout de même un bémol à apporter à cette description : c'est que le circuit est plutôt fermé. La circulation de "l'opinion commune" à propos de tel ou tel utilisateur ne se fait pas à l'échelle de la communauté, bien évidemment. Et il y aura toujours des avis divergents, ainsi que des groupes (par exemple, sur un projet) où le contributeur sera apprécié. C'est donc de l'auto-oxygénation circonscrite aux groupes concernés. Cela semble aller de soi, mais le problème est que, habituellement, le groupe en question est souvent le même, avec quelques variations, moins de ponctuels avis différents : celui des utilisateurs particulièrement investis dans Wikipédia, donc suivant les pages de l'espace meta, se trouvant sur IRC, voire sur Twitter, là où les remarques sont les plus simples à faire. Et que, par autoentretien là encore, ces personnes, finalement, semblent de fait incarner la communauté puisqu'elles sont les seules ou presque à agir au quotidien11. Et le savent bien. Pour continuer la digression, je vais prendre un exemple qui a fait couler pas mal d'encre il n'y a pas si longtemps, mais sur lequel je ne ferai aucun commentaire sur le fond (d'ailleurs, je ne suis même pas sûr d'avoir un avis) : l'arbitrage Moyg-Gustave Graetzlin, déclaré recevable à titre communautaire (et non pour régler un litige individuel entre les parties). Ce qui ne m'a pas tant surpris que cela, vu ce que j'avais pu voir ici ou là à propos de Gustave Graetzlin (y compris, et je dirais surtout, sur le Bistro. Pas de paranoïa excessive, merci). La surprise est venue de la page de témoignages : de nombreux contributeurs, régulièrement et fortement présents sur Wikipédia d'après leur editcount, mais que je n'avais presque jamais vu sur les pages meta — J'ai même découvert le pseudo d'un d'entre eux qui, après rapide enquête, n'était pourtant pas le perdreau de l'année. Ce qui est un comble pour le chroniqueur que je m'efforce d'être ! — et qui, à ma connaissance, ne vont pas sur IRC et ne sont pas présents sur les réseaux sociaux, sont exceptionnellement sortis du bois pour dire combien ils trouvaient cet arbitrage choquant et injustifié. Comme quoi la communauté est loin d'être homogène, mais on le savait déjà. Et surtout, surtout, que les utilisateurs les plus visibles ne l'incarnent pas totalement. Juste une partie. Parmi d'autres. Une partie qui fonctionne peut-être un peu en vase clos, ce qui est paradoxal puisque c'est celle qu'on voit partout. Mais j'ai expliqué le mécanisme.

 

Pour finir, il me reste à évoquer la conséquence extrême de ces phénomènes, de la mauvaise "wikiréputation" : la spirale. Là où le contributeur est pris dans l'engrenage des blocages ou même des arbitrages. Pour arriver à ce stade, il faut tout de même avoir commis des fautes. Ou au moins des maladresses. Il n'en demeure pas moins vrai que le moteur principal reste plus que jamais les sentiments négatifs qu'inspire le contributeur concerné. Qui, victime de sa réputation, et ayant désormais un passif visible dans ses logs de blocage, ne suscitera plus seulement des commentaires excédés au moindre de ses petits dérapages. Mais de nouveaux blocages motivés par le statut de récidiviste. Le tout peut aller jusqu'au bannissement. Et en remarquant bien qu'il se trouvera alors toujours quelqu'un pour scruter ses contributions, et demander, avec la satisfaction du devoir accompli, que des mesures soient prises. Ce processus en spirale est le même que pour un vandale de quelques contributions au compteur. Un premier vandalisme pur et dur, on bloque. On scrute ensuite pour voir si, à son retour, il ne détériore pas l'encyclopédie. Et on rebloque graduellement. Surveillance et blocages, c'est la spirale. La différence réside dans le fondement des opérations : dans le second cas, il s'agit de lutter contre des vandalismes clairs et nets, et donc de protéger l'encyclopédie. Dans le premier, qui ne peut concerner que des contributeurs de longue date, la motivation est bel et bien punitive, et est clairement lié à la mauvaise "wikiréputation", au mauvais karma, combinés au passif. Réputation qui peut être justifiée, mais parfois (souvent) construite avec ambiguïté, selon le processus que j'ai décrit. Justifiée ou non, la méthode en elle-même invite à se poser des questions, surtout quand le contenu encyclopédique n'est pas en péril.

 

 

1. Par exemple, un administrateur qui bloque une IP vandale en faisant des RC.

2. Éventuellement, un second administrateur peut être amené à se prononcer : si le bloqué demande son déblocage.

3. Par les seuls administrateurs, ce qui limite le champ "communautaire". Ce n'est pourtant pas une règle, mais une coutume. Décidée par les administrateurs... Pourtant, et comme je l'ai déjà dit, leur élection pour exercer certaines fonctions techniques n'est pas un justificatif à cet état de fait. Car elle n'en fait pas des représentants de la communauté.

4. Corrélation logique car le blocage communautaire fait doublon avec les prérogatives du CAr.

5. À moins que la conclusion de la discussion ne soit pas conforme à ce qui s'y est dit. Le blocage communautaire nécessite un consensus autour de son principe avant d'examiner la durée (en retenant la médiane des propositions, en principe). La précision pourrait sembler superflue, mais j'ai pourtant observé à plusieurs reprises ces derniers mois que quelques administrateurs estiment que, en cas de simple majorité — et non consensus — pour un blocage, les avis négatifs sont simplement à prendre en compte dans le calcul de la médiane. J'ai même déjà vu écrit que ce serait le déblocage, grande nouveauté, qui doit être consensuel. Visiblement, les simples rappels que je fais ici pourraient bénéficier à certains... 

6. C'est certain : il est le seul...

7. Et en plus, je fais volontairement l'impasse sur le fonctionnement clanique auquel on assiste parfois sur ces débats. Et qui est de nature à encore complexifier les constats que je vais faire dans le paragraphe.

8. Dans le passé, il l'a souvent rappelé, Darkoneko a été bloqué 48 heures pour avoir insulté une contributrice tellement utile et populaire qu'elle a rapidement fini bannie. Pas sûr qu'il aurait le même tarif aujourd'hui. Ceci dit, je ne lui reproche rien. 

9. Après tout, on a le sens des priorités ou on ne l'a pas.

10. En règle générale. Certains, à mon avis, savent très bien ce qu'ils font et doser leurs petits commentaires. Pas de nom, et c'est juste un avis en passant.

11. Et je ne suis, comme beaucoup d'autres, probablement pas exempt de tout reproche. 

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Dereckson 13/01/2011 00:17



"Faire régulièrement n'importe quoi dans l'espace principal" a  à au moins à une reprise conduit à un blocage.



Pierrot le Chroniqueur 13/01/2011 11:03



Encore heureux. Mais je note que ton exemple est déjà ancien. Je voulais surtout insister, par cette remarque, sur des situations actuelles. Sans donner de noms bien sûr, il y a des utilisateurs
qui font n'importe quoi dans l'espace principal, cela se sait, et pourtant on se refuse à en tenir compte. Pour se concentrer sur d'autres qui ne posent pourtant aucun problème à ce niveau-là.
C'est dommage.



Iluvalar 07/01/2011 00:40



Par là j'entendais « juger les gens qui jugent ». Ou quelque chose dans ces eaux là. Ou si tu veux évaluer les gens non plus sur la qualité des on-dits les concernant, mais plutot sur le simple
fait de colporter ces on-dits.


 


Ce sont les gens qui réagisse à cette _seule_ wikiréputation et ceux qui tente de la cultiver au delà du raisonnable qui sont responsables de ce phénomène.


 


Pour le reste... tient j'ai envie de te donner raison. Mouhaha, ça nous évitera à tout les deux une dispute inutile. :P



Pierrot le Chroniqueur 07/01/2011 19:39



Inutile de se disputer, en effet. Que personne ne réagisse selon les réputations et ses affinités est idéaliste. C'est impossible au sein d'une communauté. Je déplore les excès mais ne rêve pas
non plus.



Iluvalar 06/01/2011 15:39



Très honnête description du phénomène.


 


Je ne vois pour l'instant qu'un moyen pour s'en sortir (je veux dire collectivement¹). Il s'agit d'abord de sensibilisé tout le monde à cette réalité (qui ne date pas d'hier, mais qui continu de
gonfler). C'est le feu par le feu². Soyez attentif à ceux qui passent leur temps à gesticuler pour demander "justice". Soyez aussi attentif à leurs demande car les gens des deux côté de la vrille
vont demander de l'aide³.


Si vous connaissez un conflit ou une situation sans trop être impliqué de près, prenez la peine d'observer qui dit à peu près n'importe quoi. Signe qu'il suit les rumeurs au lieu de regarder les
faits. Laissez les gens parler de copinage, de clique ou de deux poid deux mesure. Parceque, bon, sans verser vers les même délires paranoiaques que d'autre site ci-dessus mentionné, la tendance
est tout de même bien réelle; Perceptible même pour un myopes.


Bref, faite une mauvaise "wikiréputation" à ceux qui portent trop attention et agissent en conséquence de la "wikiréputation" plutôt qu'en conséquence de l'amélioration de l'encyclopédie. Si un
nombre suffisant d'ancien font ça, on devrait théoriquement s'en sortir. (avec 1 ou 2 desysopages tout au plus pour marquer le coup).


¹ Charité bien ordonée commence par soit même, si j'avais une solution de manière personnelle...


² Et Dieu sait comment j'aime ça.


³ Je me souviens, vaguement, qu'on m'ait bloqué 3 mois en suite directe à une de mes requête qui demandait simplement qu'on arrête de me menacer d'un CAr (avec 3 diffs claires à l'appuis).



Pierrot le Chroniqueur 06/01/2011 16:28



Merci pour le compliment mais, par contre, je ne suis pas du tout en phase avec ta réponse. Déjà, je crains le pire en te voyant prendre des accents guerriers avec "le feu par le feu". Si ta
solution consiste à claironner partout qu'il y a de vilains administrateurs qui bloquent n'importe comment et qu'il faut donc les affronter sabre au clair, au risque de tout embraser, permets-moi
de te dire que tu te trompes complètement. Et que tu mérites une fois de plus ta... wikiréputation de "pompier pyromane". Pour ton cas personnel, justement, je ne nie pas, je l'ai expliqué, qu'il
y a eu une part d'irrationnel et d'acharnement due à ta popularité. Mais j'ai aussi dit qu'il n'y a pas de fumée sans feu, et que les contributeurs impopulaires qui tombent dans la spirale des
blocages ont aussi, forcément, commis quelques fautes. Et,  contrairement à d'autres contributeurs concernés dont j'ai les noms en tête, ta part de responsabilité propre me semble assez
grande. C'est juste mon opinion.



LittleTony87 06/01/2011 15:04



Concrètement, j'ai vécu ce genre de situation par rapport aux attaques perso : lors d'un vote de label, une utilisatrice qui était partie en folle croisade contre tout article utilisant des
sources web/non francophone (manque de bol : ma biblio était en anglais et mes liens aussi) m'avait reproché le manque de sources biblio de mon article. Réponse de bibi, posée tout d'abord : 7
bouquins, ça me semble déjà une bonne base. La discussion est ensuite mal partie, avec jolies accusations de copyvio à mon égard niées dans la foulée. Pas joli joli, mais bon, à la fin de la
soirée, incident clos. Je pars voir chez moi si j'y suis, et comme je n'avais internet que deux fois par semaine, je n'ai pu repasser que quelques jours plus tard. Surprise : l'utilisatrice
bloquée une semaine pour ses attaques à mon encontre, alors que je n'avais rien demandé. Résultat, quand elle a été bloquée, elle est partie en claquant la porte, et ses apports encyclopédiques
potentiels avec. End of the story. Et encore, le blocage avait été fait dans les règles, après débat sur le BA. C'est déjà ça.


 


Pour Vi. Cult..., c'est certain que l'exemple est extrême mais je n'irai pas trop commenter, car je n'ai vu de lui que ses agissements sur le bistro. Mais on peut faire le parallèle avec Glec,
qui en a aussi pris pas mal dans la tête ces derniers temps. Comme tu le dis, il me semble gênant que, sous prétexte qu'il est, disons le, fatiguant sur le bistro, on ait le droit de l'attaquer.
Perso, je sais aussi que, plusieurs fois où j'ai eu à mettre en place des histoires d'évaluations, de bots etc, et que j'ai lancé mon appel désespéré c'est lui qui m'a aidé. Pas si nocif pour WP
dans le fond, Glec, donc.


 


Après, je m'en rends compte en prenant de l'ancienneté, il est aussi beaucoup plus difficile avec expérience de se montrer tolérant aux erreurs/maladresses des IP/débutants. Je sais clairement
que j'ai le revert plus facile qu'il y a un an, et que j'aurai certainement plus d'"ardeur" à imposer ma vision d'un article. Pas sûr que ça soit un bien. Et donc pas sûr qu'il soit judicieux
d'encourager ce genre de sortie contre un "fautif léger", même si elles sont justifiées.


 


Enfin, question inquiète sur ta première phrase : serais-je donc fiché chez les contestataires odieux ? Une candidature admin potentielle de ma part serait-elle compromise ? Ca m'emmerde bien,
j'aurais bien aimé faire la une chez nos amis de Wikibuster !



Pierrot le Chroniqueur 06/01/2011 16:19



Ton exemple est illustratif de ce que je disais : le blocage unilatéral dans ce cas n'apaise pas les tensions et a de mauvais effets. Le départ d'un bon contributeur est toujours dommageable,
même si, avec le turn-over de la communauté, Wikipédia s'en remet toujours (tiens, je devrais faire un billet là-dessus, c'est une bonne idée de thème).


 


Pour Vi..Cult..., tu soulèves aussi un point intéressant : personne ou presque ne va se plaindre du blocage abusif d'un contributeur exaspérant et impoulaire justement pour cette raison précise.
Ici, seul Starus s'est étonné alors que pareille décision, reposant sur la même absence de motifs valables, à l'encontre d'un autre contributeur, aurait déclencé beaucoup plus de protestations.
C'est bien que tu cites GLec car j'avoue avoir pensé (entre autres) à lui en rédigeant ce billet. Le récent acharnement qu'il a subi m'a semblé disproportionné (je l'avais souligné sur Twitter à
l'époque), et cadre bien avec ce billet.


 


Oui, à force, c'est sûr que c'est lassant d'expliquer toujours la même chose. Mais cela provient là aussi du turn-over de la communauté (point à aboder dans mon futur billet en train de germer
!). Le résultat est qu'on peut avoir quelques impatiences de temps en temps. Mais tant qu'on reste un minimum poli, je ne crois pas que ce soit très grave.


 


Non, tu n'es pas un "odieux contestataire". Pas à ma connaissance, du moins (et si c'est le cas, tant pis, j'aime bien les contestataires). Si j'ai dit cela, c'est à cause de ton récent billet sur le sujet. Et qui m'a d'ailleurs inspiré l'idée de celui-là.



LittleTony87 06/01/2011 13:53



Tout à fait d'accord avec ton analyse. Il me semble préjudiciable pour l'encyclopédie que les administrateurs sortent de leur nécessaire fonction de défense de l'encyclopédie pour jouer au flic
et faire du zèle. L'exemple de Vi. Cult... me semble caractéristique : un utilisateur, certes fort casse c... mais qui ne fait rien d'interdit : pas d'attaque, pas de vandalisme, juste du
commentaire obscur sur le bistro. Le genre de truc qu'il suffit de ne pas lire ? Le blocage est-il justifié, surtout s'il n'est pas discuté avant ? Dans la pratique, il a été bloqué 2h et n'a pas
eu l'air bien gêné par la chose. Mais dans le principe, c'est une dérive gênante.


 


Idem pour la fameuse règle "pas d'attaque perso" : règle nécessaire, certes. Mais une fois encore, pas de zèle. Si une attaque est résolue "à l'amiable" entre les parties, inutile de bloquer pour
que les choses se renveniment. Pour moi, tant que tout ça n'a pas de conséquences directes sur le main, autant faire attention. Sur un contributeur qui se contente de vadrouiller sur le bistro,
les effets ne seront pas énorme... Mais sur un contributeur encyclopédique, plus.



Pierrot le Chroniqueur 06/01/2011 14:46



C'est bizarre : j'étais sûr que tu allais le commenter ce billet. J'attendais... 


 


Bonne distinction entre la pratique et le principe. C'est aussi sur ce plan que je me suis situé dans ce billet. Sans aucun doute, soyons pragmatiques, un petit blocage sur Wikipédia n'est pas la
fin du monde ni même un drame. Néanmoins, il existe quelques règles, et c'est nécessaire dans une communauté qui, par définition, possède une organisation sociale au moins rudimentaire. Si ces règles ne
sont pas violées, bloquer n'est pas requis. Voire est abusif. Oui, le blocage de Vi..Cult... est pratiquement une caricature de ce que je dénonce dans ce billet. C'est pourquoi je l'ai pris en
exemple (en plus, c'était récent).


 


Je suis aussi d'accord pour les attaques personnelles : je ne vois pas de raison de les sanctionner si la victime ne s'en émeut pas. Après tout, chacun encaisse différemment, c'est une question
de personnalité. Or, le problème dans les attaques personnelles réside dans le tort causé à la victime. Si celle-ci est indifférente, alors il n'y a de problème que celui créé par
l'administrateur qui intervient malgré tout. Les administrateurs qui bloquent d'eux-mêmes font donc du zèle. Surtout que les effets, ça s'est déjà vu, ne tendent pas vraiment vers un apaisement
des tensions. Enfin, et surtout, ces initiatives unilatérales participent des disparités de plus en plus grandes dans les sanctions. Exception peut-être légitime : si les propos sont d'une
violence telle (je pense à des attaques à caractère raciste, par exemple) qu'il n'est pas nécessaire d'attendre une éventuelle plainte.



Guil2027 05/01/2011 23:55



C'est un très bon texte et je trouve que tu es dans le vrai. Je ne pense pas que les Wikipédiens concernés aient toujours conscience qu'ils sont en train d'égratigner par petites touches la
wikiréputation de quelqu'un, à part certains qui sont effectivement experts dans les petites phrases perfides.


Les phrases qui m'exaspèrent c'est du style "je vous l'avais bien dit pourtant qu'il était comme ça" ou "Souvenez-vous le 06 mars 2006, il avait osé dire ... (avec le diff qui va bien). ou "Il a
bénéficié trop longtemps d'une indulgence communautaire".


Je n'ai jamais compris d'ailleurs comment certains étaient capables de retrouver des diffs aussi vite.



Pierrot le Chroniqueur 06/01/2011 11:49



Merci pour les compliments.


 


Oui, j'ai aussi pensé à des phrases de ce style, entre autres, en rédigeant ce billet. Il est vrai qu'il est toujours assez étonnant de voir ressortir rapidement certains vieux diffs, mais cela
dépend aussi de la mémoire des contributeurs (il est possible d'avoir une excellente mémoire au point de se souvenir de beaucoup de choses).