Observons Wikipedia : le blog de Pierrot le Chroniqueur

Impressions, révélations et gribouillages sur Wikipédia et autres projets Wikimédia

Publicité

Sainte Manon, patronne des sourceurs ... (II)


Continuons donc le laïus initié ici, sur un sujet relativement complexe, mais essentiel : les sources des articles.

Sources et sujets ...
Il va de soit (encore que) toutes les sources ne donnent pas les mêmes rivières ou les mêmes fleuves. Il en va de même pour la documentation nécessaire à la construction d'un article : toutes les sources ne se valent pas ou ne sont pas adéquates. Pour donner un exemple précis en cette période post-Jeux olympiques de Pékin, il est douteux que l'Equipe soit un média valable pour parler de la situation politique en Chine populaire18. Je vais traiter des grandes familles de sujets, cela sera plus simple. Enfin façon de parler.
Les sources (secondaires) les moins sujettes à caution (et non pas exemptes, la nuance est d'importance) sont les sources professionnelles, comme je l'ai exprimé plus haut, en raison de la présence d'un lectorat averti et supposé réactif (et donc d'apporter un démenti) et surtout d'un comité de lecture, constituant un filtre supposé être efficace. Abordons dès à présent le thème des sciences dures (physique, chimie, et sciences de la vie pour faire simple, les mathématiques étant aussi assimilées bien que certains prétendent qu'elles ne constituent pas une science).

Les sciences dures ont ceci de relativement agréable qu'elles sont basées sur la démonstration (au sens large) et la mesure (quantification, diront les puristes). Enfin dans l'idéal. La majorité des publications professionnelles ne souffrent donc pas d'un biais idéologique (on parle bien ici des sciences dures, et non d'études des sciences dures) à l'exception possible des sujets de pointe. Qui ne sont a priori pas idéaux pour une encyclopédie (et ceci est valable pour toutes les disciplines concernées), en raison de l'évolution permanente des bases (théoriques) utilisées, contrairement aux travaux plus classiques, se basant sur des postulats bien définis. Ainsi, il est fort probable19 qu'un résultat exposé dans une revue scientifique - si, bien sûr, la rigueur scientifique nécessaire est respectée - ne soit pas contestable en tant que tel. Et il convient également de prendre en compte la respectabilité des revues (appelons-la comme ça20) qui peut indiquer de manière indirecte la qualité d'expertise des auteurs desdits articles. Les publications professionnelles en sciences dures peuvent donc constituer de manière satisfaisante des sources solides pour un article sur Wikipédia. D'autant plus qu'elles constituent déjà une interprétation/analyse des résultats récoltés par ailleurs. Notons qu'il existe des articles spécifiques dits de revue dont le but est la compilation des articles étant paru sur tel ou tel sujet afin d'en donner une vision d'ensemble, et qui sont donc très intéressants dans une optique encyclopédique.

Les sciences humaines et sociales sont plus problématiques21 puisqu'elles sont par essence éminemment subjectives, car basées sur un matériel humain. Et se doivent de tendre vers l'objectif, ce qui est la marque/spécificité des sciences en tant que telles. Comme les sciences dures, les sciences humaines sont diffusées au moyen de revues et publications spécialisées (professionnelles) mais, contrairement aux sciences dures, ces publications sont plus ou moins internationalisées suivant les domaines abordés. Il n'est guère surprenant, en effet, de voir que le sujet du droit français soit plus étudié et publié en français, etc. Si l'habitude de distinguer sources primaires et sources secondaires est sans doute davantage ancrée en sciences humaines et sociales (on fait facilement la différence entre un parchemin du XIIe siècle et un ouvrage d'historien contemporain), la difficulté se situe ailleurs. En effet, contrairement aux sciences dures, les sciences humaines et sociales sont basées sur l'interprétation des sources22, et comme le matériau est vaste et mouvant, les interprétations peuvent être différentes selon que la personne qui interprète ces sources met en avant tel ou tel aspect, et base sa problématique sur tel ou tel thème. La personne qui souhaite écrire un article sur Wikipédia doit donc avoir tout à fait conscience des postulats de recherche de la personne qui a écrit la source secondaire qu'il va utiliser. Sur un même sujet, plusieurs interprétations peuvent être présentes et parfaitement valables. Ou alors, on a plusieurs interprétations dont certaines sont fausses ou malhonnêtes. Le tri est difficile à faire et demande une connaissance des débats scientifiques en cours pour être pertinent. La source la plus connue n'est pas forcément la meilleure23, la plus récente non plus (même si dans le cas des publications universitaires c'est normalement un gage de travail sérieux). Globalement, l'essentiel dans un travail de rédaction d'article "littéraire" (je prends cela de manière très large, et cette remarque est bien sûr applicable aussi aux sciences dures), est de s'attacher à très bien connaître la place de sa source secondaire dans la recherche et de ne pas oublier qu'il n'y a pas de vérité objective et démontrable infailliblement, même si la hiérarchisation des conclusions est possible. C'est tout le problème de la mise en perspective, et ça, c'est un problème majeur de Wikipédia.

Perçues comme hors du champ des sciences décrites ci-dessous (à tort ou à raison), les domaines des loisirs (relevant de la musique contemporaine, littérature "non classique", sport et autres, enfin vous voyez) et autres faits non historiques24 sont, de fait, les pages les plus dures à sourcer sur des données considérées sérieuses (ou de sources professionnelles, dans le sens utilisé jusqu'ici). Autrement dit, pour du matériel relevant de fait des sciences humaines - comme tout fait humain - de sources secondaires majoritaires. Il est sûr que l'on peut accepter comme fiable (et encore) des faits bruts et généraux. Autrement dit, comme je l'indiquais précédemment ou presque, l'album de X possède Y titres sur sa version datant du Z. Et contrairement à ce que pensent certains, cela s'arrête là ... et ne préjuge en rien de l'admissibilité de la fiche, et je rajouterai, si l'on y pense d'ailleurs, bien au contraire. Ces fiches combinent plusieurs lacunes importantes du point de vue de leur construction à partir de sources : peu ou pas de sources secondaires (donc avec une partie analytique), sources primaires très souvent biaisées (non, les Inrockuptibles n'est pas un média objectif, et ce n'est qu'un exemple parmi d'autres), etc. Rien que cela devrait faire s'interroger les Wikipédiens en raison du principe de présentation neutre de l'information (d'une part) et de celui, implicite, de la pérennité de l'information. Ne parlons pas non plus d'une autre notion sous-tendue, la complétude25.
De manière générale, on se replace dans la problématique de la mise en perspective, comme indiqué ci-dessus, mais à puissance 10, en raison d'une petite cause psychologique indéniable : le Wikipédien moyen semble persuadé qu'accéder à une information est synonyme de sa maîtrise, et ce d'autant plus que cette information sort du champ déclaré des sujets académiques visibles26.

Validation par les sources : une réalité ou un mirage ?
Toute information écrite doit être sourcée. Une phrase qui revient très souvent sur Wikipédia, comme un mantra, ou comme un onzième commandement27. Mais qui est à l'évidence souvent ignorée, et pas forcément de façon aussi simple que l'on veut bien le croire. Posons-nous donc quelques questions élémentaires concernant la validation d'une fiche28 par les sources, et tâchons d'y apporter quelques réponses simples et rapides.
La première de ces questions est : une source valide-t-elle l'existence d'une fiche ? La réponse est non, car la source proposée doit être en adéquation avec le contenu à construire, ce qui pose le problème de la pertinence (voire de la réalité) des sources et de leur mise en perspective. Des questions déjà évoquées dans ce billet.
Enchaînons avec une autre question, du même acabit (et non pas réciproque) : une absence de source précise est-elle toujours préjudiciable ? La réponse est, pour moi et pour d'autres29, non. En fait, il est des informations qui relèvent de l'information courante et presqu'universelle dans une thématique, voire (et presque plus souvent) de la définition. Il est très intéressant, pour donner un exemple concret sur un article que j'ai cité dans ce billet (enfin dans la partie précédente), qu'une ébauche d'article, centrée sur une définition, se voit apposée un bandeau indiquant un manque de sources. Un peu comme si on l'avait fait pour une ébauche d'article sur le triangle se voyait apposer un bandeau de ce genre s'il indiquait : figure géométrique définie par trois points non alignés. Ou le football se joue avec un ballon sphérique. Par contre, il est aussi évident que moins une information est évidente, plus il doit présenter une source sure.
Troisième question : une surabondance de sources est-elle un gage de sérieux de contenu ? De fait, je suis toujours très étonné de voir qu'un article sur Wikipédia puisse présenter environ 300 sources (si si, il y en a), sans que cela se fasse vraiment poser de question(s). La réponse est, de manière évidente aussi, non. Contrairement à un corpus plus important comme un article de revue justement ou un ouvrage spécialisé, un article de Wikipédia (et là, je parle d'article sciemment) n'a pas à comporter un nombre de références comparables à celles d'un ouvrage spécialisé ... ou d'un article de revue. Un tel nombre de références indique juste, à mon sens, que certaines sont au mieux des doublons ou des oublis du principe du lien hypertexte. Et ce sans parler de la pertinence réelle des sources présentées. On y revient encore, tiens.

Ces trois questions - et les réponses apportées - pointent toutes vers la question globale de la pertinence, de la réalité et de la hiérarchisation des sources, qui constitue en réalité le fond de la problématique. Et infirment la validation par les sources, argument courant de certains contributeurs30 pour justifier leurs positions (je le source donc c'est admissible) dans l'affrontement inclusionnisme-suppressionnisme. Par contre, il reste souhaitable de pouvoir fournir des références (et plutôt secondaires) si le moindre doute existe sur une information présentée, mais c'est l'essence même de la construction d'une encyclopédie. Ce qui n'est pas à confondre avec les assertions de tel ou tel contributeur sur les sujets à potentiels trollogènes31 marqué (et la liste est longue, mais longue), et, de fait, il s'agit d'un travail pouvant s'avérer subtil, mais toujours à différencier du travail inédit. Il reste aussi à rappeler que le lecteur doit rester critique sur sa propre lecture.

18. Quoi que ... Je pense que certaines personnes ne reculeraient pas devant ça.
19. Probable, pas sûr.
20. On parle en anglais d'impact factor ou facteur d'impact, sensé mesurer l'audience de ladite revue, de manière périodique (annuelle, en l'occurrence).
21. Et ce malgré les affirmations de certaines personnes ... Et pas que dans des blogs fantaisistes.
22. Et non sur une lecture de résultats, obtenus par des procédés théoriques ou expérimentaux normalement reproductibles.
23. Et en sciences humaines et sociales, le plus médiatique est rarement le plus juste, d'ailleurs. Par exemple, accorder autant de crédit à un livre de Max Gallo qu'à celui d'un historien certes inconnu du grand public mais chercheur sérieux et reconnu ne devrait pas se voir sur Wikipédia. C'est pas moi qui le dit, mais un de mes consultants.
24. Pour expliquer un peu, de nombreux historiens considèrent qu'il faut une génération soit une trentaine d'années pour qu'un fait soit considéré comme faisant partie de l'histoire. Ca laisse songeur, non ?
25. Autrement dit, l'information présentée se doit d'être la plus complète et la plus cohérente possible.
26. Exception notable : la politique, pour laquelle tout le monde se pense compétent. Au mépris du principe de neutralité, bien sûr.
27. Rien à voir avec le film de Mickaël Youn.
28. As-tu remarqué, ami lecteur, que cela fait plusieurs fois que j'emploie le mot fiche et non le mot article. Ce n'est pas par hasard, et la confusion n'est pas souhaitable. Disons, pour faire simple, que les articles remplissent les critères d'admissibilité et les fiches pas forcément.
29. Certains de mes consultants. Enfin ceux avec qui j'ai évoqué la question.
30. Un petit clin d'œil vers une affaire (imbriquée dans d'autres) récente. Qui, au passage, ne m'étonne pas du tout.
31. Trollogène est synonyme de déclencheur de polémiques. Mais
il y a une page pour expliquer tout ce vocabulaire qui semble parfois surréaliste.
Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
D
Merci pour cette analyse, à laquelle je souscris globalement même si je peux ne pas être d'accord avec certains points particuliers.Il est très clair pour moi que les problèmes sont différents en ce qui concerne les "sciences dures" d'une part et les "sciences humaines et sociales" d'autre part.Comme vous le soulignez, contrairement à ce que l'on prétend parfois, il peut y avoir des controverses dans les domaines de "sciences dures". Sur certains sujets on trouvera des "crackpots". Sur les sujets avec des implications sociétales, notamment de santé publique, comme le nucléaire ou les radiations électromagnétiques, on aura des intervenants dont le degré de conviction dépasse de beaucoup la compétence technique ou scientifique. Néanmoins, les problèmes me semblent beaucoup plus circonscrits que dans des domaines comme l'histoire ou l'économie, sur lesquels un grand nombre de gens croient avoir des opinions intéressantes et bien fondées.À ce propos, votre note 23 met le doigt sur un problème certain, que j'ai déjà soulevé dans ma tribune au Magazine Littéraire : ce que l'on présente au grand public comme des ouvrages d'histoire relève souvent plutôt de la littérature ou du journalisme.http://david.monniaux.free.fr/dotclear/index.php/2008/09/16/242-debats-au-magazine-litteraireLe problème se pose également en sciences dites dures. sont des gens qui au mieux sont des journalistes ou des animateurs avec des connaissances assez superficielles, au pire sont des escrocs. À force d'être montrés à la TV, ils deviennent des grands scientifiques aux yeux du grand public.
Répondre
P
<br /> <br /> La diversité des opinions est essentielle de toute façon.<br /> Je dois dire, au passage, que j'ai eu énormément de plaisir à travailler avec les personnes qui m'ont aidé à écrire ces articles, et j'espère ne pas avoir trahi leurs pensées et expériences sur<br /> l'usage des sources.<br /> <br /> P.S. : j'ai lu le billet cité, et je le conseille à mes lecteurs.<br /> <br /> <br /> <br />
L
J'ignorais totalement qu'il y avait des articles avec plus de 300 sources! Je suis sciée! J'ai cliqué sur le lien que vous avez donné et je trouve que cet article est typique de beaucoup d'articles proposés en BA et en AdQ : de très nombreuses sources basées sur des sites internet et bien sûr aucune synthèse des sources (surtout sur les sujets "populaires" comme la musique, le cinéma, les jeux vidéo, la télévision...). Sur certains sujets, il est vrai qu'il est très difficile de trouver des livres, il faut donc se contenter d'internet (mais pas non plus n'importe quel site!) mais pour d'autres, c'est franchement inacceptable. Et ça m'énerve de voir une grande bibliographie sur des articles alors que les contributeurs n'ont même pas utilisé un seul ou à peine plus pour faire l'article. Souvent on a pas besoin de 36 bouquins pour rédiger un article, 2 ou 3 suffisent. Je suis allée voir le vote qui l'avait promu et j'ai vu que certains avaient quand même dénoncé cette surabondance de sources, par contre les réactions ont été assez violentes. Ca aussi c'est typique! On critique pas mal en ce moment (je ne parle pas du cas Aliesin) les avis Attendre qui seraient durs sur les propositions de label. C'est vrai que lorsqu'on est l'auteur de l'article, ce n'est pas évident de les encaisser (surtout ceux qui ne mettent qu'une phrase et qui ne reviennent jamais voir si l'article a été modifié). Mais les auteurs devraient aussi se calmer parce que beaucoup d'entre eux pensent que l'obtention du label est automatique et ne supportent aucune remarque. On a régulièrement des : "si c'est comme ça je quitte wikipédia", "moi je travaille dans la vie, je contribue gratuitement" etc. Je me souviens que suite à une demande de source (pour un film), l'un des contributeurs avait mis le titre d'un livre mais en lien vers un site internet. Lorsqu'on cliquait dessus, on tombait sur la page de vente de la Fnac (ou un autre magasin) avec le livre en vente! De toute façon par moments, c'était évident que la personne en question n'avait pas lu le livre mais l'utilisait quand même comme source! Bref, on pourrait en parler des heures! :)
Répondre
P
<br /> <br /> Effectivement, on pourrait en parler pendant des heures... ;-)<br /> <br /> Heureusement il y a quand même des articles sérieux et correctement sourcés. Il est vrai qu'ils touchent généralement moins les sujets "vie quotidienne et loisirs".<br /> Ensuite, il y a de très bons articles qui ne passent pas non plus par les procédures AdQ ou BA, et ça ne fait pas d'eux des articles moins bons.<br /> <br /> <br /> <br />
P
Un bémol sur les articles scientifiques: la controverse n'y est pas absente, et même ceux-ci peuvent donc être cités selectivement (il n'y a qu'à voir l'excellent JP Petit). Il serait plus exact de parler de consensus scientifique (ce qui implique probablement de citer plusieurs articles d'auteurs non liés). Un outil sympa dans ce registre est Publish or Perish, qui mesure l'impact d'un auteur (et permet donc de savoir s'il est un obscur nobody ou une sommité.Sinon il manque un retour de ligne avant la note 29, en bas de page :-)
Répondre
P
<br /> <br /> Oui, bien sûr. Mais justement, avec ce système de mesure d'impact on a un outil intéressant pour au moins mesurer la notoriété d'un auteur (dans les sciences humaines et sociales, c'est encore<br /> très peu développé).<br /> <br /> Mais attention quand même : un auteur peut être cité X fois pour un travail fait, alors même que ce travail est faux : si tous les autres se déterminent par rapport à lui, il est forcément très<br /> cité. Mais pas plus fiable.<br /> <br /> (et je corrige le retour de note)<br /> <br /> <br /> <br />
D
Je n'ai pas compris si ta critique des "300 sources" s'applique au nombre d'appels de note ou bien à la variété même des sources employées.
Répondre
P
<br /> <br /> Un peu des deux. Disons que la quantité ne fait pas la qualité, et comme je le disais à Aliesin au-dessus, trop de quantité (non "triée") peut nuire à la qualité. Je te renvoie à la remarque de<br /> Laurence en dessous.<br /> <br /> <br /> <br />
A
C'est évident. Personnellement (j'aime parler et entendre parler de moi), j'avais adopté la méthode suivante :*une idée un paragraphe*une idée une source*une source par paragrapheEt finalement ça ne fait plus tant de notes que ça. J'avais mis en pratique plus ou moins sur "Avantage comparatif", ça donnait 36 notes de bas de page, pour un article très long.Effectivement, des articles paradent avec un nombre de notes de bas de page disproportionné. Forcément les votants regardent ça et les images.<br /> Cependant, il arrive que ce soit nécessaire sur les articles plus descriptifs.<br /> Sinon pour reprendre mon intervention sur les idées courantes, sur l'article Paris, tous les détails sont accompagnés de sources. Ce sont les vérités courantes qui ne vont pas.
Répondre
P
<br /> <br /> Je ne me prononcerai pas sur cette thématique trollogène :)<br /> <br /> <br /> <br />
A
J'ai lu en diagonale, donc je ne commente qu'un point en particulier. Le fait que selon vous les informations les plus courantes ne doivent pas être accompagnées d'une source.J'ai un avis sensiblement différent. La source permet de vérifier l'information, donc elle doit être citée lorsque sans elle une recherche relativement rapide ne permet pas de retrouver l'information. Il est donc la plupart du temps absurde de citer le dictionnaire ou même des encyclopédies moyennes du niveau d'Encarta.En revanche, beaucoup de vérité courante sont fausses, et à vrai dire ça touche dans le principe presque autant les sciences dures que les sciences molles. C'est la sociologie de Wikipédia qui y fait que le problème se pose davantage aux sciences molles.Un exemple, dans certains manuels de collège on trouve des choses du genre "une fonction est soit linéaire soit affine" ce qui est faux à l'évidence. Sauf que Wikipédia est plein de geeks qui sauteront sur une telle horreur.En revanche, si on prend les sciences humaines on peut se retrouver avec ce genre de problèmes non contrés. D'abord parce que le web grouillent d'infos sans fondements, et que même les manuels de SES du lycée ne sont pas fiables.Ce n'est pas qu'ils sont pas fiables d'ailleurs, c'est qu'ils sont fait pour le lycée. On apprend Adam Smith, Ricardo, un peu Marx parce que c'est l'éducation nationale, et Keynes qui est présenté plus ou moins comme ce qu'il y a globalement de plus abouti en sciences éco (1936 !). C'est pédagogique car de toute façon la suite est trop complexe et nécessite de comprendre ce qu'il y a avant, et ce même si c'est faux (il a encore de keynésiens, mais peu défendent ce qu'on apprend sur keynes au lycée) ! Quant à Smith, un esprit génial, mais si on lisait son livre pour gouverner aujourd'hui où irions nous ?Pour un élève de Terminale, Descartes est ce qu'il y a de plus pointu en philosophie de la science, juste après la ligne de Platon...Tout ça pour dire, l'éducation nécessite d'apprendre des choses fausses, dont l'inexactitude est levée plus tard. Pour moi qui ai arrêté la physique en seconde, il y a trois états : liquide, solide, gazeux... je n'y comprends pas grand chose mais il me semble que la diversité soit en fait plus grande.Quand on applique cela à l'économie, la sociologie, l'histoire, la philosophie, cela donne des tas de gens qui pensent connaître des choses sans que ce soit vrai. Et le pire c'est qu'il émettent des vérités courantes enseignées (plus ou moins à juste titre) au collège ou au lycée, mais qui sont des bêtises. Wikipédia n'a pas la démographie nécessaire pour palier à ce problème dans les sciences humaines, elle l'a pour l'informatique en revanche.Aussi il faut se méfier comme de la peste de ce que sont les vérités courantes... 
Répondre
P
<br /> <br /> Oh bien sûr, les vérités courantes sont fonction du public auquel on s'adresse. Ce qui sera vérité pour un élève de lycée (donc accessible à sa compréhension d'élève de lycée) sera faux (ou trop<br /> peu précis) pour un étudiant. Mais ce qui sera vérité pour l'étudiant en 3e année sera tout aussi imprécis, partial et donc "faux" pour le docteur ou le chercheur. C'est une chose qui se vérifie<br /> facilement à mesure qu'on "monte" dans les études.<br /> <br /> À chaque "étage" intellectuel sa vérité, c'est une évidence. Regrettable, mais c'est une autre histoire.<br /> <br /> Non, ce que je tentais d'expliquer dans ce billet, c'est que sourcer pour sourcer  (donc noyer dans une masse de sources les quelques affirmations qui doivent réellement être appuyées sur<br /> des références parce qu'elles sont potentiellement contestables) me semble mauvais, et pour une raison même de crédibilité : si tu sources absolument tout, le futile comme l'important, le trivial<br /> comme le novateur, tu fais finalement perdre aussi à ton lecteur la mesure de ce qui est réellement important dans l'article.<br /> <br /> La source doit être de qualité, mais aussi bien employée.<br /> <br /> <br /> <br />